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Dépakine : des alternatives à son usage nocif chez les femmes enceintes ?

Les traitements à base d’acide valproïque, dont la caractéristique première est avant tout d’être des anti-épileptiques, sont sur le marché, depuis 1967. Ils se déclinent sous des appellations diverses suivant les groupes pharmaceutiques dont ils proviennent (Dépakine, Micropakine, Dépakote, Dépamidev et génériques). Leur nocivité sur l’intégrité du fœtus est soupçonnée depuis les années 1980. Au-delà des malformations potentielles, des retards neurologiques sur les enfants, exposés au valproate durant la grossesse, se sont révélés nombreux durant la décennie passée. La prescription de Dépakine vient d’être restreinte et surveillée sous la double égide de l’ANSM et de la HAS et s’inscrit dans une démarche de délivrance protocolaire si sa substitution est hélas impossible chez la femme enceinte.

Une vigilance accrue sur le valproate ennemi du fœtus durant la grossesse

En effet, le 3 décembre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a fixé le cadre thérapeutique concernant la prescription de la Dépakine. La demande de se voir administrer cette dernière, à compter du 1er janvier 2016, ne pourra pas se passer de la prescription initiale annuelle émanant d’un spécialiste et d’un formulaire signé par les malades. La Haute Autorité de santé (HAS) a emboîté le pas de l’ANSM, le 9 décembre, en déployant dans un document en ligne l’éventail des alternatives, moins à risques, pour l’enfant à naître, à la Dépakine. La HAS note que le remplacement du valproate doit être aménagé et non stoppé immédiatement. Une phase de transition rimant avec réflexion doit accoucher du nouveau traitement adéquat à être prescrit (que ce soit pour les troubles bipolaires ou pour l’épilepsie) pour les femmes enceintes et celles qui songent à une grossesse avec sérénité et sécurité.

Des alternatives cas par cas existent mais elles ne sont pas universelles

Pour pallier à un échec de solution efficace de substitution au valproate, « la patiente devra être informée des risques associés à la grossesse, utiliser la dose minimale efficace et répartir les prises au cours de la journée, instaurer une surveillance prénatale spécialisée (détection des éventuelles malformations) et prévoir un suivi spécifique à long terme de l’enfant après la naissance », prévient la HAS. Il est à noter que certains médicaments de remplacement ont des effets secondaires à la dangerosité avérée. Nous pouvons citer la carbamazépine prescrite pour juguler des troubles bipolaires. En cas d’exposition au valproate, « au premier trimestre de la grossesse, la surveillance prénatale sera orientée sur le tube neural, le cœur, la face, le crâne, les reins, les organes génitaux et le squelette. Après le premier trimestre, la surveillance prénatale sera orientée sur le crâne », préconise fortemement par ailleurs la HAS.

Femme enceinte, Pixabay

A propos Eric Françonnet

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