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Cancer colorectal : un dépistage mis en lumière pour être plus suivi par les français à partir de 50 ans

Comment parler du cancer colorectal qui demeure un sujet tabou ? La honte et la peur entremêlées, découlant de l’idée de se soumettre à un dépistage pouvant être parfois vital, expliquent en partie le manque de succès de ce dernier. Ce mardi 1er mars, qui est à la fois le « Colon Day », avec notamment des dépistages gratuits, et la journée inaugurale de Mars Bleu, atteste que les gastro-entérologues ont décidé de passer à l’offensive, en cette année 2016, et d’ouvrir des brèches pour mettre en lumière ce cancer sous-médiatisé, via des campagnes de communication tous azimuts, rimant avec sensibilisation ou prévention, pour montrer que la dangerosité de ce dernier peut être contrebalancée par un dépistage hélas négligé. En effet, selon une récente étude OpinionWay parue en décembre 2015 et diligentée par le Conseil National Professionnel d’Hépato Gastro-Entérologie (CNPHGE), les français méritent amplement un bonnet d’âne puisqu’ils pêchent par un manque d’assiduité et/ou un retard accusé pour se soumettre volontiers au dépistage du cancer colorectal (seulement 30% d’entre eux, qui devraient s’y plier à partir de 50 ans, respectent ce conseil des plus avisés volontiers et avec exactitude). 17 500 décès sont ainsi à déplorer chaque année. Avec 42 000 personnes touchées par an, le cancer colorectal fait partie des cancers les plus fréquents en France. Lorsqu’il est détecté à un stade précoce (ce cancer met en moyenne 10 ans à se développer), il se guérit daPrévisualiser les modificationsns 9 cas sur 10. Il est plus que jamais nécessaire de se montrer responsable contre ce fléau que les gastro-entérologues peuvent endiguer si seulement les français avaient une meilleure volonté : le dépistage devrait être systématique, via un nouveau test dit « immunologique », associé à la coloscopie si nécessaire, pour pouvoir retirer à temps les polypes durant cet examen intime. Par contre si une tumeur et des ganglions sont détectés, via ce type d’endoscopie nantie d’une micro-caméra, c’est que le cancer -le diagnostic est imparable- est déclaré et l’intervention chirurgicale alors obligatoire pour éviter la colonisation des autres organes par des métastases et un cancer qui serait alors généralisé. La partie atteinte du colon est retirée : s’ensuivent ensuite une semaine d’hospitalisation et un long rétablissement. Ce cancer surgit en moyenne à l’âge de 73 ans et la génétique serait impliquée avec une transmission d’une génération à une autre favorisée et un cancer pouvant être déclaré même avant les 50 ans.

De l’importance du dépistage oublié par le public concerné (50-74 ans) et d’une sensibilisation accrue de la part des gastro-entérologues

C’est aux alentours de la cinquantaine, que les personnes prennent davantage leur santé en main et ouvrent les yeux sur un examen nécessaire, puisqu’ils rentrent dans une période de leur vie où le taux d’incidence de ce cancer s’avère plus élevé. Ils se plient alors, non sans rechigner, et loin de constituer une majorité, au dépistage du cancer colorectal. Les experts planchant sur la question se positionnent pour une prise en charge et une prise de conscience individuelles qui devraient intervenir comme un quasi-réflexe, et ce pour une raison essentielle et salvatrice : 9 cancers sur 10, détectés à leurs prémices, traités de façon ad hoc, aboutissent à une guérison. Le dépistage du cancer du côlon, qui est un véritable épouvantail pour les patients exagérément apeurés à son égard, car il consiste en une coloscopie de prévention ou complémentaire (rassurez-vous : l’anesthésie étant générale, le tout a lieu de façon indolore) qui permet de déceler ce cancer qui sait si bien se cacher. La coloscopie, dite « virtuelle », a également fait son apparition, pour encore plus de confort, et est surement l’instrument high-tech de l’avenir. La sensibilisation de la population sujette à des risques, est plus que jamais nécessaire, car le cancer colorectal est moins sous les feux médiatiques que d’autres cancers, ce qui explique en grande partie un manque d’intérêt notoire le concernant. Les gastro-entérologues l’ont bien compris et leurs idées prennent enfin vie par l’intermédiaire d’une concrétisation à saluer : sur le plan de la prévention, des dépistages d’une gratuité totale seront offerts dans le cadre de Mars Bleu et de la Journée nationale de la prévention du cancer du côlon, le tout à compter du 1er mars. Une campagne au slogan accrocheur est lancée et s’intitule ainsi : « Attention, vous êtes peut-être assis sur un cancer ». La volonté manifeste de cette dernière est de mettre en avant un test immunologique, commode et novateur, dévoilé en 2015 avec conviction par Marisol Touraine.

Deux outils complémentaires pour le dépistage : la coloscopie en milieu hospitalier et le test immunologique à effectuer à son domicile

Ce test immunologique présenté par la ministre de la Santé est disponible depuis le deuxième semestre 2015 et vous pouvez l’obtenir suite à une simple consultation chez votre médecin traitant qui vous délivrera une ordonnance pour le retirer ensuite dans n’importe quelle officine. Contrairement à une coloscopie, qui se déroule en milieu hospitalier, il est à effectuer, le plus sereinement du monde chez soi, et permet de déceler des traces de sang échappant à l’œil nu mais présentes cependant dans les selles. Il est beaucoup plus efficace que son prédécesseur, le test au gaïac appelé Hemocult II : en effet, il permet de détecter environ 2 fois plus de cancers et 3 fois plus d’adénomes, ce qui constitue une percée scientifique magistrale, le tout en simplifiant tout en le sollicitant l’élan participatif du patient. Les deux parties, à savoir les gastro-entérologues et les personnes inscrites positivement dans l’optique du dépistage, ne peuvent que s’en réjouir. Une vidéo d’utilisation est proposée. Le prélèvement d’un échantillon de selles est à envoyer au laboratoire de biologie médicale dont l’adresse est indiquée sur l’enveloppe T fournie avec le test. Les résultats vous parviennent, tout autant que le médecin prescripteur, au bout de 15 jours et sont négatifs dans 96% des cas. Ce test est remboursé à 100% par l’Assurance Maladie (exit donc les excuses d’un coût, même partiel, pouvant constituer un frein à l’accès aux soins) et idéalement doit être renouvelé tous les 2 ans en ce qui concerne la tranche d’âge des 50-74 ans qui a été retenue par les instances médicales. Un « Côlon Tour » est organisé cette année par la Ligue contre le Cancer : il a débuté le 25 février et durera jusqu’au 17 octobre pour promouvoir cet outil de dépistage « nouvelle génération », alliant simplicité et fiabilité, avec beaucoup d’atouts pour une vaste opération-séduction.

A propos Eric Françonnet

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