Zebda : Magyd Cherfi et sa tribune poignante sur les attentats dans Libération

Il chan­tait Tomber la chemise en 1999 avec le groupe toulousain Zebda alors à son zénith. En effet, deux victoires de la musique avaient été récoltées par Zebda en 2000 : « meilleur groupe » et « meilleure chanson » (pour le tube dévoilé au début de cette introduction). Magyd Cherfi a publié une tribune poignante de trois pages dans Libé­ra­tion. Un texte magnifique, au contenu irréprochable, baptisé Carnages, titre tout à fait approprié aux événements et aux victimes du terrorisme de ce vendredi noir à Paris et Saint-Denis.

Né à Toulouse en 1962 mais d’origine algérienne, il y exprime que ses racines, en ce moment douloureux pour nous tous, sont ancrées à cette France à laquelle il appartient avec un sentiment très fort et redoublant d’intensité. « Il y a des jours comme ça où on aime la France, où on a envie de chanter la Marseillaise, envie d’être tricolore comme un supporter insupportable, écrit-il en préambule. Il y a des jours où on se reproche de ne pas être assez français. Des jours où on voudrait s’appeler Dupont quand on s’appelle Magyd. »

« C’était un carnage et c’est mon jour de baptême, je deviens solennellement français, c’est dit. Je promets devant le fronton des mairies d’aimer la France pour le pire et le meilleur, de la protéger, de la chérir jusqu’au dernier souffle », exprime-t-il solennellement. « Il y a des jours comme ça où même anar on porte un drapeau parce que c’est tout ce qui reste à bran­dir après l’em­bra­se­ment et il est bleu blanc rouge. Il y a des jours où on aime ce pays même quand il a tort, même quand il se trompe parce qu’il est nous jusque dans les entrailles. »

Il conclut de la plus belle manière qui soit  : « Des jours de fleurs pour tous les « morts pour la patrie » et qu’ils le soient au front ou à l’arrière-salle d’un restaurant. Des jours où on choisit son camp parce qu’il n’y en a pas d’autres. Des jours où on applaudit à tout rompre les uniformes, tous les gardiens de la paix, les paras et les flics. Ce jour-là on aime les Français quels qu’ils soient. Des jours, mais il y en aura d’autres. » Gageons que ce texte trouve un écho dans nos esprits à la citoyenneté elle aussi touchée au plus profond de sa dignité.

Partagez notre article !

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur whatsapp
WhatsApp
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur skype
Skype
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur email
Email

Continuez la lecture !