Pourquoi Nérac, Barbaste et Lavardac ont décidé de mettre fin à leur collaboration en matière de police pluricommunale

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En 2026, la question de la gestion policière locale demeure un sujet brûlant dans plusieurs petites communes françaises, et Nérac, Barbaste ainsi que Lavardac ne font pas exception. Depuis 2021, ces trois municipalités de l’Albret avaient opté pour une solution innovante : la police pluricommunale. L’idée était simple à première vue : mutualiser moyens, efforts et coûts pour mieux répondre aux enjeux de sécurité dans leur territoire respectif. Se lancer dans une collaboration comme celle-ci semblait logique pour optimiser la sécurité locale, surtout quand on sait que les budgets pour la sécurité municipale n’ont cessé de croître, tout comme les défis liés à la délinquance et la sécurité routière. Mais après quelques années, force est de constater que ce modèle, pourtant porté par la volonté de renforcer la coopération territoriale, présente des limites sévères, jusqu’à aboutir à sa fin.

Commune Nombre d’habitants Population engagée dans la police Coût annuel Résultat principal
Nérac 5 500 4 policiers, dont 2 salariés par la ville environ 200 000 € Interventions concentrées sur Nérac, conflit interne
Lavardac 2 500 1 policier environ 50 000 € Besoin déséquilibré avec Nérac, peu de présence effective
Barbaste 1 800 1 policier environ 50 000 € Difficultés relationnelles, fin du partenariat

Les arguments derrière cette décision sont nombreux. La première difficulté rencontrée ? l’asymétrie entre les besoins et la répartition des efforts. Nérac, avec sa population plus dense et ses activités plus diverses, monopolisait la majorité de l’attention des agents. Résultat : Lavardac et Barbaste se sont plaintes de leur marginalisation, d’où la perception d’un déséquilibre évident dans la gestion policière. Beaucoup d’agents, notamment à Nérac, étaient tellement absorbés par leur tâche centrale que leur présence dans les petites communes s’est révélée décevante, voire négligée. On pourrait croire que cette mutualisation aurait permis de développer une meilleure réponse, mais la réalité a vite démenti cet espoir : plusieurs constatations sont venues fragiliser le dispositif, notamment des conflits internes et des tensions entre agents.

Les relations entre les quatre agents — dont deux recrutés par Nérac, la ville principale — n’étaient pas au beau fixe. Avant même la fin de la collaboration, des différends ont éclaté, certains agents étant même poursuivis pour des faits de violence en septembre dernier. Ces conflits ont miné l’efficacité du dispositif, ajoutant une couche de complexité à une gestion déjà délicate. La perception publique n’a pas été en reste : la presse locale a relayé ces différends, ce qui a nourri le sentiment que la collaboration n’était pas la solution miracle. La difficulté principale résidait donc dans la gestion des ressources humaines, en plus des tensions géographiques et des disparités de besoins. La politique de mutualisation s’est soldée par un constat amer : l’adéquation des moyens n’était pas au rendez-vous, notamment vis-à-vis de la dimension locale et spécifique de chaque commune.

Les enjeux de la sécurité locale à Nérac, Barbaste et Lavardac en 2026

Face à ces difficultés, les trois municipalités ont décidé de se séparer. La fin de leur police pluricommunale ne survient pas par mépris ou désintérêt, mais par nécessité. La volonté commune est claire : retrouver une gestion plus adaptée à la typologie de chaque commune, sans subir la contrainte imposée par une organisation trop rigide ou uniforme. D’ailleurs, Nérac envisage déjà de revenir à une structure policière locale, avec quatre policiers municipaux, comme avant 2021, pour restaurer une proximité indispensable en matière de sécurité. Les autres communes souhaitent aussi renforcer leur propre service, estimant qu’une meilleure connaissance du terrain passe par une présence accrue et une gestion en autonomie.

Pourtant, la fin de la collaboration n’efface en rien les enjeux de sécurité dans ces petites communes. La confiance mutuelle entre autorités municipales est essentielle pour envisager un avenir où sécurité et efficacité seraient compatibles. La redistribution des amendes de police, qui représentait en 2026 plus de 57 000 € pour Nérac, reste un levier important pour financer les travaux de sécurité à venir, comme la sécurisation du Moulin des Tours ou de la sortie du centre hospitalier local. La question est désormais de savoir si chaque municipalité pourra assurer sa propre gestion policière avec succès, sans devoir s’appuyer sur un partenariat qui, malgré ses défauts, avait aussi ses avantages.

Les défis futurs pour la gestion policière locale à Nérac, Barbaste et Lavardac

La fin de leur partenariat est un signe clair que la collaboration policière entre petites communes ne doit pas être systématiquement perçue comme la solution miracle. En réalité, une gestion efficace nécessite une connaissance fine des besoins locaux, une proximité avec la population et une bonne coordination en interne. La situation de Nérac, des autres municipalités de l’Albret et de toute la France dans ce domaine illustre le défi permanent que représente la sécurité territoriale, surtout dans un contexte de montée des incivilités et de contraintes budgétaires accrues.

Pour améliorer la sécurité locale, ces communes devront repenser leurs stratégies, respecter plus que jamais l’autonomie de leur gestion policière et encourager un dialogue constant. La fin de leur police pluricommunale doit servir d’occasion pour renforcer la confiance et ajuster les modèles de coopération territoriale en matière de sécurité. La clé réside dans la capacité à adapter les moyens, sans céder aux promesses simplistes de la mutualisation à tout prix. La réalité du terrain, avec ses tensions et ses spécificités, doit guider chaque décision pour garantir une sécurité adaptée et efficace dans toutes les petites communes concernées.

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Alain Vernet - Rédacteur Sécurité / Politique / Religion

Je suis Iron Vernet, un rédacteur digne du personnage Iron Man, j'ai la volonté d'informer autrui avec une pointe d'humour. Forcément, la culture et les technologies sont ma passion. Je suis également un geek acharné et j'adore les figurines Pop !