Le pneumologue Bertrand Dautzenberg s’érige en ardent défenseur de la dépénalisation encadrée du cannabis en France

C’est un pneumologue référent en activité et également un enseignant de renom en France : le professeur Bertrand Dautzenberg est également connu comme  spécialiste en addictologie (essentiellement en ce qui concerne le tabac dont il est l’un des pionniers s’étant érigé contre ce fléau). Il bénéficie ainsi du privilège de pouvoir être écouté que ce soit dans le cadre de sa profession ou même au-delà par le grand public. Ce week-end, il a ainsi eu l’opportunité de s’exprimer sur un sujet houleux et propre à des débats qui tanguent, lors du 20ème congrès de pneumologie de langue française, ayant pour lieu de convergences intellectuelles la métropole de Lille, du 29 au 31 janvier 2016. La tribune supplémentaire qui lui a été en effet offerte (après les colonnes du Parisien) se prêtait à ses talents oratoires afin de défendre son parti-pris tranché pour une consommation légalisée mais encadrée du cannabis. Ce praticien de renom qui exerce à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, vient par cette annonce d’attiser de nouveau une polémique pérenne mais qui s’était quelque peu éteinte concernant la légalisation du cannabis. 3 options s’offrent à cette dernière utopique pour l’instant : elle demeure refusée mais pourrait être à l’avenir partielle ou même totale. Bertrand Dautzenberg est également connu pour lutter avec pugnacité contre le tabagisme et préconiser comme solution alternative à ce poison l’usage novateur de la cigarette électronique. Notons qu’il n’est pas non plus pour le cannabis dont il mesure les dangers mais selon lui une législation plus souple serait à même de lui porter un coup fatal. Dans un entretien accordé au Parisien récemment, il s’est déjà exprimé ainsi sur son appréciation engagée tout en prenant soin de nuancer ses propositions et de peser le poids de ses mots car cette porte légale qu’il invite à s’ouvrir sur une drogue douce constituerait une première en France et est loin de susciter l’unanimité tant auprès de ses pairs que chez d’autres détracteurs. Selon ses assertions, l’interdiction pénalisant dealers et usagers réguliers ou ponctuels de ce produit illicite pour l’instant n’a aucun impact sur une consommation qui ne faiblit pas : « le cannabis en France aujourd’hui, c’est l’alcool frelaté du temps de la prohibition » a-t-il asséné tel un uppercut à des systèmes de santé et policiers qu’il juge trop coercitifs et ce en vain de plus.

La consommation de cannabis en France et sa répression vouée à l’échec depuis des années

Le cannabis est classé en France comme stupéfiant. Sa consommation est ainsi illicite depuis 1970 et passible sur le plan de la répression d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 3 750 euros mais l’emprisonnement est en revanche rarissime. En dépit des vastes moyens déployés par des gouvernements successifs contre un trafic des plus lucratifs et un usage personnel plus répandu qu’il n’y paraît, c’est hélas un constat d’échec qui prévaut dans le bras de fer engagé par l’Etat (certes les saisies par les douanes ou des fouilles sur la personne sont en hausse ainsi que les cultures à effet personnel ou destinées à une vente restreinte qui sont épinglées par des perquisitions mais elles sont minimes par rapport à une circulation prolifique qui se joue des frontières grâce au couloir méditerranéen) contre cette substance qui a le vent en poupe et ce dès l’adolescence où il fait figure de rite initiatique. Plus de 17 millions de Français ont déjà expérimenté le cannabis, 4,6 millions fument un joint une fois par mois et 1,4 millions s’adonnent à ce paradis artificiel plus de 10 fois par mois, selon l’Office français des drogues et des toxicomanies. Ce dernier s’inquiète pour la frontière ténue entre une consommation occasionnelle pour le plaisir et la toxicomanie rimant avec dépendance. Le cannabis est nocif pour le cerveau et son degré d’accoutumance serait aussi fort que celui du tabac. De plus la glissade éventuelle vers des drogues dures n’est pas à exclure.

Les explications de Bertrand Dautzenberg concernant une dépénalisation qui serait bénéfique

L’interdiction qui jette l’anathème sur la consommation de cannabis sur la voie publique mais aussi dans l’espace privé a accouché, non sans heurts pour la santé des usagers, de la mise sur le marché en France de produits fortement dosés et le plus souvent coupés avec des substances toxiques. Bertrand Dautzenberg conseille ainsi aux usagers de privilégier l’herbe (la marijuana) à la résine (le haschisch). Bertrand Dautzenberg se heurte à des écueils concernant la teneur et la tenue de ses suggestions qui peuvent prêter à des confusions et le faire passer pour un soixante-huitard incurable . « L’Etat doit libéraliser l’accès aux feuilles de cannabis pour que les gens cessent de s’intoxiquer avec les substances qu’ils se procurent. Légaliser le cannabis n’aura pas pour effet d’augmenter la consommation au contraire, il s’agit de mieux contrôler pour, à terme, faire baisser l’usage. » La légalisation aurait donc un double bénéfice : une résine à la qualité plus sûre mise à la disposition du client appelé à se raréfier et des réseaux qui se trouveraient, si ce n’est dans l’impasse, au moins affaiblis. Leur argent sale passerait dans la machine à laver de l’Etat qui pourrait s’octroyer un droit de taxer le commerce autorisé du cannabis comme il le fait honteusement avec le tabac. Selon les prophéties (aux assises solides et non du registre des fabulations) du professeur Bertrand Dautzenberg le cannabis verrait sa consommation peu à peu perdre son attirance.

Cannabis, Pixabay – 7raysmarketing

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