HCSP : vers une interdiction de la cigarette électronique élargie aux lieux publics ?

Une étude, parue en août 2015, dans le Public Health England, montrait que la cigarette électronique était 95% moins nocive que le tabac. Des voix émanant de personnes du milieu médical ainsi que d’une association de farouches adeptes du vapotage ont sollicité alors l’inclusion de la cigarette électronique comme bénéfique en ce qui concerne le sevrage tabagique et son inscription au sein du Programme national de lutte contre le tabagisme. Une réponse était attendue de la part du Haut conseil de la santé publique (HCSP), sollicité dès le 21 octobre 2015, pour donner une suite favorable ou non aux requêtes évoquées plus haut. La réponse du HCSP, dans un avis publié le mercredi 24 février, a coupé court à toute révision de sa position actuelle voire même allant dans le sens du renforcement de celle-ci. En effet, si la e-cigarette est déjà interdite dans les transports en commun ou dans l’enceinte des lieux de travail, l’évocation d’une élargissement de son interdiction même dans les lieux publics est désormais d’actualité. Une mise en application de la sorte aura-t-elle lieu ? Voyons les arguments défendables du HCSP pour la mise en place d’une telle restriction puis ce qu’en pensent ses détracteurs qui sont potentiellement un million en France (c’est le nombre estimé de vapoteurs d’un marché qui après un démarrage fulgurant est en train de se tasser quelque peu).

Un appel à la prudence concernant la cigarette électronique émane du HCSP avec en prime un souhait de la voir interdire maintenant dans les lieux publics

La cigarette électronique est à double tranchant selon le HCSP. Elle « peut être considérée comme une aide pour arrêter ou réduire la consommation de tabac des fumeurs » et « constitue un outil de réduction des risques du tabagisme », admet la haute instance qui n’a purement qu’une vocation consultative. Mais, c’est tout l’inverse qui peut se produire : la cigarette électronique pourrait aussi « constituer une porte d’entrée dans le tabagisme » pour les plus jeunes et induire « un risque de renormalisation de la consommation de tabac », ne manque pas de noter le HCSP a porte est en tout cas grande ouverte, en ce qui concerne la polémique, attisée de nouveau par une telle prise de position, n’étant pas du goût de tout le monde. Mettre au même niveau de dangerosité vapotage passif et tabagisme passif serait quelque peu exagéré aux yeux des professionnels de la commercialisation de la e-cigarette.

Les membres de la filière de la cigarette électronique ne l’entendent pas de cette oreille et estiment que cette nouvelle restriction relève de l’acharnement

La phrase lâchée par Roger Salamon, président du Haut Conseil de la Santé Publique, au micro de nos confrères de France 3, qui sonne comme un slogan anti-vapotage tout autant qu’anti-tabac, est la suivante : « Vapoter, c’est mieux que fumer. Mais rien, c’est mieux que vapoter ». Les professionnels du secteur de la vente de la cigarette électronique s’insurgent contre le HCSP qui stigmatise à outrance le vapotage, à la dangerosité bien moindre que celui du tabac, selon eux : « Près d’un million de Français ont arrêté de fumer grâce à la cigarette électronique. C’est pour ça que nous sommes très déçus de cette position. Il faut pouvoir laisser la chance aux vapoteurs d’arrêter de fumer réellement », explique Rémy Parola, coordinateur FIVAPE (une fédération interprofessionnelle des commerçants de la tant -trop ?- décriée e-cigarette). L’interdiction possible dans les lieux publics attriste la filière.

Cigarette électronique, Pixabay

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