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Le mensonge machiste des hommes virils envers leur médecin peut les mettre en péril

Prisonniers de clichés éculés, les hommes, arborant une virilité qu’il ne souhaitent nullement voir remise en cause, se livreraient moins facilement à leur médecin. Le secret professionnel est pourtant de rigueur de la part de tout praticien qui est soumis au serment d’Hippocrate. Leur espérance de vie, de par leur cachoteries destinées à sauver leur image obsessionnelle d’être fort, comme s’ils n’avaient pas de talon d’Achille, en pâtirait, alors qu’elle est déjà de 5 ans inférieure à celles des femmes. Ces dernières, beaucoup plus loquaces, à propos de leurs maux, facilitent un diagnostic précoce et un éventuel traitement approprié. C’est du moins ce qui ressort d’une récente étude américaine relayée par la revue Preventive Medicine.

Une étude sur l’espérance de vie qui en dit long sur celle des hommes qui est plus courte que celle des femmes de par leur virilité

Diana Sanchez, professeure agrégée de psychologie, à l’université du New Jersey, et sa confrère, Mary Himmelstein, doctorante, persuadées que la longévité moindre des hommes par rapport aux femmes, n’était pas imputable seulement à des facteurs d’un registre physiologique, ont procédé de la façon qui va suivre, pour mener à bien leurs travaux. 250 participants ont été sollicités afin de remplir un questionnaire en ligne et ce dans le but de jauger leur opinion sur la virilité et les « attributs » propres aux deux sexes dit « opposés », à savoir les hommes et les femmes. Le questionnaire comportait également des questions sur leurs rapports, révélateurs d’un état d’esprit les mettant en danger, avec tout médecin. Les résultats mettent en avant que les hommes, dont les idées arrêtés sont traditionnelles à propos de la virilité, rimant notamment avec des valeurs telles que la bravoure ou encore le courage, désertent les salles d’attente des cabinets, en esquivant ou repoussant toute prise de rendez-vous, même avec la pleine conscience d’un problème de santé, appelant des soins nécessaires qui seraient plus que bienvenus. Autre préférence notable, de la part des plus machos : le choix d’un médecin masculin, qu’ils jugent -à priori affreux- plus fiable qu’un médecin femme. Le même questionnaire a été cette fois soumis au bon vouloir coopératif d’un panel de 250 étudiants qui ont été de plus interrogés sur leur état de santé par des médecins des deux sexes. Les jeunes machos, s’ils sont appelés à consulter pour un symptôme donné, choisiraient comme leurs aînés, un praticien masculin, avec aussi une sincérité bafouée, en dissimulant ou diminuant, leurs bobos bénins à leurs yeux.

Les hommes machos pris en flagrant délit de négligence vis-à-vis de leur santé : ils consultent surtout des hommes et peu souvent

Les hommes ont un penchant affirmé à choisir une personne de sexe masculin, quand il s’agit de voir un professionnel du monde de la santé, surtout s’ils portent fièrement le choix assumé de leur virilité exacerbée, à propos de laquelle ils ne tolèrent la moindre faille. Le comportement des femmes diffère grandement : on passe presque d’une prise de position à une autre totalement opposée par rapport aux hommes. Les femmes savent mettre leur amour-propre au placard pour se voir délivrer des soins par un praticien et considèrent la parole comme libératrice, et émettrice de signaux d’alerte, lorsqu’elles sont amenées à consulter. Diane Sanchez explique parfaitement cette distinction notable, frontière psychologique presque imperméable, entre les hommes étant d’un tempérament machiste et les femmes prises dans leur ensemble : « Ils ne veulent pas montrer de signe de faiblesse face à un autre homme. Les hommes reçoivent une sorte de « script culturel » qui leur dit qu’il faut être courageux, autonomes et virils. Les femmes, en revanche, ne disposent pas de ce « script ». On ne leur dit pas que pour être une vraie femme, elles ne doivent pas faire état de leurs maladies ou de leurs symptômes. C’est sans doute ce qui explique en partie l’écart dans l’espérance de vie ». En France, l’espérance de vie est de 79 ans pour les hommes contre 85 ans pour les femmes, couronnées une fois n’est pas coutume, pour leur longévité, en 2015. La virilité à tout prix a donc un prix, qui peut être coûteux en termes d’années perdues, avec une santé hypothéquée, pour sauver bêtement les apparences. Gageons que cette étude sera lue et assimilée positivement par les hommes virils.

A propos Eric Françonnet

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