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Sécurité routière et ANSM : une liste étoffée de médicaments devant éviter toute prise inconsciente de volant

Tout comme l’alcool ou encore le cannabis, des médicaments, eux aussi, à vocation psychoactive, sont à ne pas prendre à la légère : une hiérarchie avec une signalétique explicite avait été mise en place en France en 2007 avec la présence évidente des pictogrammes sur les emballages. L’objectif premier était d’alerter sur un état de vigilance altérée suivant les molécules et leur posologie. Il semblerait qu’il convienne de compléter ce dispositif, inférieur en efficacité escomptée, par une  liste renforcée des médicaments à la dangerosité évidente, fruit d’une collaboration entre la Sécurité routière et l’ANSM. Pharmaciens et médecins seront mobilisés prochainement mais avec pour mission d’informer.

Une personne en voiture

Pictogrammes des médicaments présentant une vigilance altérée : ils ont déçu mais ils seront maintenus

Un tiers des substances, à vocation thérapeutique, présentes sur le marché, sont soumises à une signalisation systématique en France depuis la fin des années 1990. En 2007, un système de prévention, basé sur la clarté supposée  des pictogrammes (nous pouvons définir un pictogramme de façon concise ainsi : c’est une représentation graphique schématique ou encore un dessin figuratif stylisé ayant fonction de signe) a été mis en place afin d’identifier les médicaments incompatibles et/ou déconseillés pour la conduite d’un véhicule. Trois pictogrammes sont imprimés sur le conditionnement extérieur des médicaments.

A chacun correspond : 1, 2, 3 en fonction de l’importance des effets du médicament sur les capacités de conduite ; une couleur différente (jaune, orange, rouge) ; un message donnant l’attitude pratique à adopter lors de l’utilisation du médicament concerné. Emmanuel Lagarde, chercheur à l’Inserm et auteur de l’étude publiée dans la revue British Journal of Clinical Pharmacology ne jette pas la pierre sur l’efficacité contestée par beaucoup des pictogrammes qui doivent être maintenus selon lui. Il déplore que les accidents de la route, du moins ceux suscités par des médicaments psychoactifs, n’aient pas accusé de diminution notable, en l’espace de neuf années.

La liste des médicaments au potentiel dangereux devra être une copie parfaite

Selon la Sécurité routière, qui a bien entendu son mot à dire sur le casse-tête des pictogrammes, elle s’inscrit dans la continuité de l’INSERM et se prononce pour le maintien de ces derniers sur les emballages des médicaments. Cependant, il convient, mission relevée par la Sécurité routière en partenariat avec l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé) d’actualiser, avec une juste sévérité, la liste des médicaments au potentiel accidentogène le plus élevé.

Ce n’est un secret pour personne que les médicaments à vocation anxiolytique ou les somnifères hypnotiques, surtout s’ils relèvent de la famille de plus en plus contestée des benzodiazépines, seront les premiers proscrits. Bientôt, une campagne de sensibilisation impliquant les médecins et les pharmaciens aura lieu pour encourager fortement ces deux catégories de santé à rappeler le message de prudence véhiculé par les pictogrammes : deux précautions valent mieux qu’une.

En attendant, que les conducteurs, sous traitement quelque peu assommant, soient obligés à se soumettre à des contrôles amenés à se renforcer, en cas d’accident dont ils seraient coupables.

Une personne en voiture, Pixabay – Unsplash

A propos Eric Françonnet

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