Réduction de la défiscalisation des dons aux associations : vers la fin des bonnes œuvres… fiscales ?
Vous aussi, vous avez déjà donné à une association en pensant : « Bon, c’est pour une bonne cause… et ça me fera du bien sur ma déclaration d’impôt » ? Moi, clairement oui. Mais cette petite gymnastique solidaire et (un peu) égoïste pourrait bientôt être moins rentable. Car un rapport choc de Bercy envisage sérieusement de raboter les réductions fiscales associées à nos élans de générosité. Alors, on fait quoi ? On donne moins ? On râle plus ? On fait les deux ?
Tableau comparatif des dispositifs actuels et des propositions de réforme
| Type de don | Déduction actuelle | Proposition de réforme | Impact estimé |
|---|---|---|---|
| Dons classiques (toutes associations) | 66 % dans la limite de 20 % des revenus | Plafond fixe à 2 000 € | +360 M€ pour l’État |
| Dons « Coluche » (Restos du cœur, Croix-Rouge, etc.) | 75 % jusqu’à 1 000 € environ | Réduction à 66 % comme les autres | +47 M€ pour l’État |
| Dons via IFI (impôt sur la fortune immobilière) | 75 % dans la limite de 50 000 € | Baisse à 50 %, plafond à 20 000 € | +48 M€ pour l’État |
Total attendu : +450 millions d’euros dans les caisses publiques… et quelques grincements de dents en plus chez les donateurs.
Des dons oui, mais pas trop…
On ne va pas se mentir : donner de l’argent, c’est un peu le dernier geste qui nous donne bonne conscience sans trop nous coûter, surtout quand une partie est « remboursée » par l’État. Mais voilà que l’administration a sorti sa calculette et découvert que cette bonté fiscalisée coûte cher : 3,63 milliards d’euros de dépenses fiscales en 2022, et ça grimpe vite.
Alors Bercy réfléchit à des pistes. Le coup de rabot le plus radical ? Un plafond fixe de 2 000 euros déductibles, peu importe vos revenus. Autant dire que les 225 000 foyers les plus généreux (et les plus imposés) vont devoir choisir entre continuer de donner… ou refaire leurs calculs.
Une réforme qui pourrait faire mal aux associations
J’ai bossé un temps dans une petite association d’aide aux jeunes en rupture scolaire. Je me souviens d’un donateur fidèle qui nous glissait un chèque chaque année. Quand on lui demandait pourquoi il était si généreux, il souriait :
« Un peu par cœur, un peu par intérêt. Et j’assume les deux. »
C’est ça, la vérité humaine derrière les chiffres : la défiscalisation n’est pas un vilain mot, c’est un levier. Et si on l’affaiblit, certaines assos risquent fort de boiter.
D’autant plus que les dons « Coluche » — vous savez, ceux qui aident les plus précaires à manger ou à se soigner — sont eux aussi dans le viseur. Ramener leur réduction de 75 à 66 %, c’est économiser, certes… mais à quel prix social ?
Oui, mais pourquoi maintenant ?
On parle ici de 40 milliards d’économies à trouver dans le budget 2026. Rien que ça. Et comme toujours, les lignes budgétaires « sensibles » sont les premières visées. Entre inflation, crise post-Covid, plan de relance XXL et déficit chronique, l’État n’a plus trop de scrupules.
Même les réductions pour les riches donateurs à l’IFI passent à la moulinette : de 75 % à 50 %, et plafonnées à 20 000 euros. Autrement dit : « Merci d’être généreux, mais pas trop non plus ».
Et nous dans tout ça ? Quelques repères pour s’y retrouver
Avant de paniquer ou de fermer le chéquier, voici ce que je retiens — et que je partage volontiers autour d’un café avec vous :
- Donner reste utile, même sans carotte fiscale. Les associations n’ont pas que besoin d’argent, mais aussi de bénévoles, de visibilité, de soutien humain.
- Les réformes ne sont pas encore votées, elles ne sont même pas arbitrées. Le rapport fait débat, mais rien n’est acté.
- Il est possible de répartir ses dons dans plusieurs assos et sur plusieurs années pour maximiser ce qui peut encore l’être.
- Communiquer avec les associations peut aussi les aider à anticiper les effets d’un éventuel changement de régime fiscal.
Défiscalisation des dons aux associations, encore un effort… avant la fin ?
Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai toujours trouvé ça malin et juste : encourager la générosité tout en récompensant fiscalement ceux qui jouent le jeu. Aujourd’hui, ce système semble menacé. Il faudra sans doute continuer à donner, mais avec moins d’illusions sur le retour d’investissement.
Parce que oui, la réduction défiscalisation des dons aux associations est bien plus qu’un avantage comptable : c’est un pilier de la solidarité à la française.



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