Accueil / Actualités / 18-35 ans : quand les MST s’invitent par négligence dans leurs rapports intimes

18-35 ans : quand les MST s’invitent par négligence dans leurs rapports intimes

Alors que les Maladies Sexuellement Transmissibles (MST) effectuent un come-back des plus fulgurants chez les 18-35 ans, qui pêchent par excès de croyances erronées, une mise au point s’impose. La 1ère journée Nationale d’information et de prévention sur les MST, qui s’est déroulée ce jeudi 24 mars, est pleinement justifiée, notamment du fait de la recrudescence de deux MST que l’on aurait pu croire enterrées à jamais (la syphilis et la gonococcie). Des idées fausses, parfois hallucinantes du point de vue lacunaire, circulent toujours chez cette tranche d’âge. Vous voulez un exemple d’une méconnaissance largement répandu ? Celui-ci est flagrant de bêtise : l’association de la pilule contraceptive et d’une crème spermicide permettraient de se prémunir avec un blindage appropriée contre les MST. Il convient de sensibiliser ce jeune public, que l’on pourrait qualifier d’aveugle, sur des conduites, dont les risques sont minimisés.

Un sondage révélateur d’une jeunesse étant dans le flou concernant la dangerosité mal-connue ou sous-estimée de la plupart des MST

Une enquête a été tout spécialement organisée, à l’occasion de cette journée censée éveiller les consciences, par le Syndicat national des dermatologues-vénéréologues (SNDV). Il en ressort les statistiques, les plus noires, qui vont suivre. 7 personnes sur 10 ignorent ou interprètent mal les signes attestant d’une MST (brûlure, écoulement, ulcération). 3 sur 10 ignorent que les MST sont transmissibles par voie anale et plus d’1 sur 10 (12 %) pense que le psoriasis (qui est une maladie de la peau) est une MST. Toutefois, 8 personnes sur 10 admettent que le préservatif est la protection, de loin dont l’efficacité est la meilleure, et plus de la moitié (52 %) des 18-35 ans déclarent avoir demandé à leur médecin un dépistage pour savoir où ils en étaient avec le VIH. Les Français âgés de 18 à 35 ans identifient correctement certaines MST comme le SIDA (96 %), l’herpès génital (76 %), la syphilis (75 %) ou les poux pubiens (63 %), plus connus sous le terme de « morpions ». La liste est longue avec des maux aux sonorités se révélant parfois poétiques tels que papillomavirus et chlamydias, qui de même que les hépatites B et C, sont identifiées comme des MST par moins de 50 % des sondés. Il est hélas également à déplorer que, en cas de suspicion de MST, le dépistage n’est pas systématique, et qu’un porteur d’une maladie diagnostiquée, surtout s’il est masculin, n’aura pas automatiquement le réflexe sain et respectueux de prévenir sa partenaire.

La syphilis, maladie sexuellement transmissible, signe un retour remarqué, alors que nous la pensions prisonnière d’une époque révolue

La syphilis est indéniablement réémergente en France et ce depuis 15 ans déjà. Nous assistons à son retour ravageur qui n’a pas échappé aux autorités de santé publique, se trouvant confrontées à une recrudescence remarquée de cette dernière, avec de 400 à 500 nouveaux cas par an, mais dont les chiffres seraient appelés à augmenter à l’avenir : le pessimisme est de mise et l’inquiétude est de rigueur. Pour rappel, entre 2000 et 2009, le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) a recensé pas moins de 4 000 de cas de syphilis précoce sur notre territoire. Le dépistage est primordial. Les pratiques sexuelles à risques sont la cause majeure (la bactérie ne peut subsister à l’air libre) d’une syphilis batifoleuse et en pleine forme. Nous avons une seule parade pour l’esquiver : le préservatif car il n’existe aucun traitement préventif et nul vaccin anti-viral. La responsabilité de tous est engagée en particulier chez les plus jeunes. Concernant la cartographie infectieuse de la syphilis en 2015, il s’avère que c’est le département de la Corrèze, avec environ 40 personnes infectées l’an passé, véritable flambée épidémique, qui occupe une première place hexagonale. Le Gard n’a pas été également épargné de son côté. Notons qu’il y a aussi des cas isolés qu’il est difficile de recenser comme il se doit car le diagnostic (examen clinique) n’est parfois pas suffisant (une prise de sang s’impose) pour confirmation ou non de la contraction de la syphilis.

Préservatif, Pixabay – kerryank

A propos Eric Françonnet

Essayez à nouveau

Les pleurs d'un bébé

Mort subite : jusqu’à 500 bébés par an meurent en France

La mort subite du nourrisson est la première cause de décès chez les enfants de …

Réagissez !