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VIH : les antirétroviraux efficaces sur les bébés allaités mais pour une durée idéale d’une année

L’allaitement est au beau fixe chez les mamans en France qui sont 54% à le privilégier aujourd’hui pour nourrir leur bébé contre 37% en 1972. Notons pour l’anecdote que la Norvège est championne du monde avec un taux dépassant les 95% ! Selon une étude publiée dans la revue médicale The Lancet, un traitement à base d’antirétroviraux de 12 mois, administré directement aux bébés et non plus exclusivement à leurs mères, permettrait de réduire le taux de transmission du VIH à 1,4%, soit un le risque le plus infime connu jusqu’ici concernant les dangers encourus pour des femmes séropositives de donner le sein à leur progéniture.

Une étude avec des bébés allaités sous antirétroviraux largement moins touchés par le VIH

Depuis 2013, l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) recommande que toutes les femmes enceintes ou allaitantes infectées par le VIH soient mises sous traitement. Les chercheurs français de l’INSERM de Montpellier viennent d’ouvrir une nouvelle fenêtre thérapeutique. Leur étude effectuée de 2009 et 2012 dans quatre pays africains (Burkina Faso, Afrique du sud, Ouganda et Zambie) a porté sur 1273 enfants choisis car nés de mères séropositives.

Ces dernières, avec un taux sanguin de CD4 trop bas, pour une éligibilité au traitement antirétroviral, ce sont leurs bébés qui ont été directement traités. Deux types d’antirétroviraux ont été évalués (615 enfants ont reçu du lopinavir–ritonavir, 621 du lamivudine). Le taux d’infection dans les deux groupes était similaire : 8 infections dans le premier groupe, 9 dans le second. Au vu de la population évaluée, ces résultats sont prometteurs pour l’avenir.

Un traitement à suivre longtemps car la transmission survient après 6 mois d’allaitement

Le Professeur Van de Perre, l’un des responsables de l’étude émet des mises en garde qui demeurent cependant bien réelles. Le traitement de la mère « même parfaitement suivi n’éradique pas complètement le risque de transmission du VIH par l’allaitement ». Ce risque devenu -c’est un progrès- résiduel est selon lui, de 0,2% par mois d’allaitement, soit 2.4% si la durée d’allaitement est de 12 mois (soit environ 5 fois moins qu’en l’absence de traitement).

Les auteurs de l’étude publiée dans The Lancet notent que « près de la moitié des 17 infections sont survenues après 6 mois d’allaitement ». Prudence donc selon eux. « Ceci confirme que le risque de transmission par l’allaitement est bien présent, même dans les phases tardives de ce don nourricier de la mère à l’enfant et que donc le traitement préventif doit être administré pendant toute la durée de l’exposition », concluent-ils dans l’intérêt vif des bébés.

A propos Eric Françonnet

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