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Une campagne publicitaire pour le vin qui n’est pas du goût des autorités sanitaires

Le lobby Vin et Société est le premier à avoir franchi le pas en décidant de sublimer les grappes viticoles via une publicité immédiatement polémique surtout avec la HAS. Il profite du fait que le corset trop étroit de la loi Évin (loi du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme) vient d’être desserré. Cette campagne publicitaire est présente dans les journaux et sur les réseaux sociaux depuis le dimanche 6 décembre. Elle ne suscite pas l’adhésion même si elle est rigolote. Le buveur y est en effet grandement invité aux plaisirs du palais mais avec un net manque de clarté sur une consommation modérée.

La frontière floue entre campagne publicitaire et campagne d’information

Le slogan de cette campagne promotionnelle est, concédons-le, amusant : «Aimer le vin, c’est aussi avoir un grain de raison» (c’est Vin et Société, représentant la filière viticole en France, qui l’a adopté parmi d’autres proposés). La condamnation de la Haute Autorité de Santé (HAS) a été immédiate vis-à-vis de cette campagne, se revendiquant pourtant comme d’information, mais incitant à une consommation qui dépasse le cadre normatif dit raisonnable. La publicité se base non sur des moyennes à respecter mais sur le plafond à ne pas dépasser : elle joue donc avec les lignes, en se revendiquant de bonne foi, car s’inspirant d’un d’un document officiel de la HAS. Et le consommateur (surtout s’il est jeune), qui commencerait à franchir les frontières, peut tomber facilement dans des excès aux conséquences délétères sur sa santé.

Des condamnations en masse contre cette publicité trompeuse sur le vin

Toutes ces incitations aux abus suscitent, en plus des avertissements sévères de la HAS, à des réactions très vives du corps médical (on pense aux alcoologues et aux addictologues surtout). Il a été rappelé que la consommation journalière maximale est deux verres pour les femmes et de trois verres pour les hommes : un zeste de plus et nous sommes dans les conduites à risques. Cette publicité qui pétille est pointée du doigt pour d’autres motifs également : l’alcool occupe 95% du visuel de l’affiche et ne laisserait que trop peu de place à la prévention ; nous serions en train d’assister à un premier pas en arrière concernant la loi Évin dont certains prédisent déjà le démantèlement à venir ; le poids financier des lobbys, déjà offensifs, devrait s’accentuer dans un avenir des plus proches, sans souci éthique.

Vin rouge, Pixabay

A propos Eric Françonnet

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