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Etats-Unis : la FDA octroie enfin le droit aux homosexuels de donner leur sang

L’interdiction évinçant les homosexuels américains du don du sang, instaurée en 1983, a été levée ce lundi. En effet, la Food and Drug Administration (FDA), souveraine en termes de santé publique, vient de mettre un terme à une mise au ban, qui aura tout de même stigmatisé toute la communauté gay, pendant 32 ans, les privant d’un geste pouvant sauver des vies, au vu de risques indéniablement exagérés, d’une contamination des réserves de ce précieux or rouge, qu’est le sang, au sein des hôpitaux. Mais cette levée d’une injustice criante, les traitant de citoyens à part, s’accompagnera (tout comme en France à compter du printemps 2016) de barrières coercitives tenaces et se conjuguera à un timide conditionnel.

Les homosexuels renouent avec le don du sang au bout de 33 ans

Comme nous l’avons spécifié en introduction, ce progrès est un véritable cadeau de Noël et constitue une avancée des plus notables dans la lutte pugnace pour l’égalité des droits de la combattive LGBT qui nuance cependant sa joie. Depuis 1983, la communauté homosexuelle américaine, que l’on jugeait plus à même de véhiculer le SIDA (la phobie était alors à son comble dans les années 1980), s’était vu exclue de ce geste altruiste et citoyen : donner son sang pour pallier à une demande forte dans les différents établissements de santé. Tout comme en France, qui a ouvert la voie, sous la houlette de Marisol Touraine, une période d’abstinence de 12 mois est requise de la part des gays avant le moindre don afin de « limiter les risques de contamination ». Selon la FDA, s’appuyant sur des assisses scientifiques, qu’elle juge solides, il est prouvé que les donneurs homosexuels présentent tout de même encore et toujours un taux de contamination plus élevé que les donneurs hétérosexuels : d’où cette frileuse période imposée avec une absence de rapports atteignant tout de même une année complète.

L’abstinence obligatoire de douze mois est-elle justifiée ou non ?

Ce bémol, inscrit dans la loi adoptée constituant tout de même une avancée dont l’on peut se féliciter, indigne cependant les américains attirés par le même sexe que le leur. « Cette avancée sur le don du sang ne permet pas encore de traiter les homosexuels et bisexuels avec le respect qu’ils méritent », constate amèrement sur  son compte Twitter, Chad Griffin, président de Human Rights Campaign, une association reconnue et respectée qui a parmi ses chevaux de bataille, avec une bienveillance louable au rendez-vous, la pleine reconnaissance sur le plan éthique et égalitaire des LGBT aux Etats-Unis. Notons également que cette abstinence aussi longue imposée serait pour certains exagérée pour ne pas dire démesurée. « Avec la technologie dont nous disposons, une infection par le VIH peut être dépistée quelques semaines après que le donneur a été exposé au virus », souligne Dan Bruner, un praticien de la clinique Whitman-Walker Health à Washington, qui préconise une simple attente de 30 jours et donc beaucoup moins restrictive.

Sang, Pixabay

A propos Eric Françonnet

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