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Afrique du Sud : des bourses d’études octroyées avec pour critère exigé la virginité féminine créent la polémique

Une ville nantie d’une université, située dans cette terre australe qu’est l’Afrique du Sud, ne met pas ses étudiantes sur le même pied d’égalité pour être calées dans les starting-blocks de la réussite académique. En effet, cette municipalité inaugure une première mondiale très contestée : l’attribution de bourses d’études avec pour critère impératif le fait d’être vierge.

Une virginité au départ obligatoire et qui doit être prouvée à chaque rentrée

L’université d’Uthukela, située dans le nord-est de l’Afrique du Sud est un lieu d’études dans lequel seules les jeunes filles sont admises. Elles le sont de plus suivant deux critères restrictifs qui sont les suivants : des résultats scolaires excellents obtenus dans l’enseignement secondaire comme sésame obligatoire pour l’intégrer. Jusque-là cette première exigence n’est pas des plus choquantes. Mais c’est la deuxième, qui attise la polémique, avec une virginité exigée comme autre droit d’entrée avec comme récompense une bourse d’études : cette obsession de chasteté à tout prix devra être de plus prouvée à chaque rentrée universitaire avec une visite médicale obligatoire pour le renouvellement d’une aide financière précieuse pour des étudiantes parfois sans trop de moyens pour s’offrir l’emprunt de l’ascenseur social. Doit-on parler de chance qui leur est offerte ? Ou bien assiste-t-on à une coercition constituant une marche arrière sociétale qui n’est pas sans rappeler l’Apartheid ?

L’unanimité est loin d’être de mise face à une mesure pour l’instant isolée

L’université voulait peut-être se montrer généreuse mais sa prise d’initiative pour le moins osée et même jugée déplacée moralement lui vaut une pluie de mécontentements avec un immense tollé la taxant de sexisme. Les organisations de défense des droits des femmes ont ainsi haussé le ton, en criant haro sur cette mesure discriminatoire, sous un premier prétexte tout à fait valable : elle est incontestablement anticonstitutionnelle. La militante Nonhlanhla Mokwena, à la tête de l’organisation Powa (People Opposing Women Abuse)ne cache pas son exaspération exacerbée. Elle n’hésite pas à s’ériger contre ce qu’elle qualifie de « violation des droits ». « Les jeunes filles sont privées de leur dignité et de leur intégrité » ajoute-t-elle en soulignant avec fermeté que « l’argent des contribuables était utilisé pour enfreindre la Constitution » d’une démocratie encore jeune ayant pris naissance durant les années 90 du siècle dernier. Les demandes d’aides financières pour étudier y sont nombreuses pour échapper à la pauvreté.

Afrique du Sud Fresque, Pixabay

A propos Eric Françonnet

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