Alcoolisme : le baclofène ne serait pas la molécule miracle pour décrocher avec efficacité

Baptisées Alpadir et Bacloville, deux études, françaises, ont été présentés pour la première fois lors du Congrès mondial d’alcoologie, à Berlin, en septembre dernier. Elles remettaient au cause l’efficacité du baclofène, un médicament, largement prescrit, pour diminuer une consommation d’alcool frénétique ou bien lors d’un véritable sevrage. Une nouvelle étude publiée ce mercredi dans la revue European Neuropsychopharmacology, vient au contraire démontrer qu’il n’y a «pas de preuves» que ce médicament, très en vogue, même prescrit avec une posologie élevée, soit la meilleure parade pour décrocher. Les alternatives sont heureusement à l’appel.

D’un médicament indiqué contre les contractures musculaires, le baclofène, a été très largement administré ensuite contre l’alcool, grâce au best-seller du Dr Ameisen

Selon l’équipe de chercheurs de l’université d’Amsterdam à l’origine de cette étude, les patients traités par le baclofène à faible dose, à haute dose ou par un placebo ont affiché des taux de rechute comparables. Le baclofène, prôné, depuis 8 ans, par la sortie du livre, du Dr Olivier Ameisen, sur sa guérison miraculeuse grâce à une molécule, avec pour vocation initiale, de traiter la sclérose en plaques, et non l’alcoolisme chronique, qui fait 49 000 morts par an.

Une étude néerlandaise remet en cause l’efficacité du baclofène, qui ne serait pas la meilleure parade anti-alcool, car il affiche un taux de rechute égal à son placebo

Pour parvenir à ce résultat, qui chamboule une hégémonie, partagée par deux laboratoires (le baclofène est commercialisé par Novartis sous la marque Lioresal et Sanofi sous la marque Zentiva), les patients alcooliques, bénéficiant par ailleurs d’un suivi psychosocial, ont participé à l’étude. 31 ont reçu du baclofène à faible dose (30 mg par jour), 58 ont eu le même médicament à haute dose (jusqu’à 150 mg par jour), et enfin, 62 étaient sous un placebo.

Une volonté sans failles et une armure psychologique, à n’ôter que dans le cadre d’un suivi, bénéfique et régulier, relevant de la psychiatrie, sont des atouts trop peu usités

Au bout de 16 semaines, le taux de rechute était d’«environ 25%» dans chacun des groupes», selon la publication. L’effet placebo est donc un leurre efficace, qui montre que beaucoup de déclics ont eu lieu, sans béquille chimique, et que la guérison repose, beaucoup, sur la volonté. Il est évident que la parole libératrice, sous forme d’une psychothérapie, destinée à exorciser ses démons, ou du recours précieux à un addictologue, sont un travail de fond exigeant.

Le baclofène, dévoile au fil des ans, au fil des études, de nombreux effets secondaires, à la dangerosité parfois extrême, d’où un regard dès lors plus méfiant à son égard

Parmi les effets indésirables, pour ne pas dire dangereux, ont été rapportés : des troubles sensitifs et sensoriels, des cas de sécheresse de bouche, d’insomnie, de décompensation maniaque, d’accidents, de syndromes de sevrage avec hallucinations et confusion, de sudation excessive, d’oedèmes. De nouveaux signes, moins fréquents, ont été signalés : augmentations des triglycérides, prise de poids, troubles de la vue, ou syndrome accru d’apnée du sommeil.

La consommation d’alcool, Pixabay – Pexels

Partagez notre article !

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur whatsapp
WhatsApp
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur skype
Skype
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur email
Email

Continuez la lecture !