LOADING

Type to search

Chine : l’obésité est grandissante chez une jeunesse addict à la malbouffe

2 années ago
Share

La Chine, futur leader mondial de l’obésité ? En tout cas, elle en prend dangereusement le chemin, avec notamment sa jeunesse sacrifiée, à la santé hypothéquée, qui représentait 302 millions de sa population totale, selon l’UNICEF, en 2012. Avant de solliciter l’éclairage que nous offre lEuropean journal of preventive cardiology, qui se focalise sur l’obésité infantile en Chine, en relayant une étude publique, aux assises scientifiques et sociétales solides, un rappel d’histoire immédiate est indispensable, en guise d’introduction, pour en saisir tous les enjeux. La Chine, est devenue depuis 2014, la première puissance économique mondiale, et le pays-continent le plus densément peuplé à l’échelle universelle, avec 1,367 milliard d’habitants (en date de février 2015). Cet essor économique fulgurant, en l’espace d’un laps de temps très court (seulement trois décennies), a entraîné de majeurs bouleversements, concernant les modes et les codes comportementaux, avec en première ligne, les habitudes alimentaires, qui commencent sérieusement à inquiéter les autorités sanitaires du pays. En effet, l’obésité, frappante par sa précocité, est désormais en terrain conquis en Chine, où elle a commencé, sans discontinuité, à emprunter irrémédiablement une courbe ascendante, depuis le début des années 2000. Enfants et adolescents, ont cédé aux chants des sirènes de la « junk food », en adoptant un régime hypercalorique, calqué sur celui occidental, tout particulièrement américain.

Une explosion sans pareille de l’obésité infantile (jusqu’à l’âge de 18 ans) en Chine depuis les prémices des années 2000

Les chiffres sont éloquents et attestent d’une croissance exponentielle de l’obésité infantile, qui a littéralement explosé. Si, en 1985, le chiffre était encore ténu, avec 1% des enfants et des adolescents impactés par l’obésité, force est de constater qu’en 2014, 17% des garçons et 9% des filles avaient un IMC (Indice de Masse Corporelle), supérieur à 30 (porte ouverte sur l’obésité, qui peut même faire pire, si prise à la légère, elle devient morbide). Ce constat est totalement inédit, pour la Société européenne de Cardiologie, référente en la matière. L’incidence ou encore le taux de prévalence de l’obésité chez les plus jeunes, est confirmée par une étude, à la juste mesure de la démesure de cette problématique de santé publique, menée par des universitaires chinois sur 27 840 enfants et ados de 7 à 18 ans, de 1985 à 2014. C’est spécifiquement la province rurale du Shandong (Est du pays), qui a été choisie comme théâtre de l’étude, montrant que la malbouffe est invitée à table vraiment partout, même dans des zones du pays reculées, contrairement aux idées reçues, pouvant prêter à croire qu’elle sévirait exclusivement dans des mégalopoles multimillionnaires, telles que Pékin ou Shangai.

Cette occidentalisation à outrance des habitudes alimentaires ne laisse rien présager de bien dans un avenir proche

Il résulte de cette vaste étude que cette obésité est le fruit pourri, provenant d’un cocktail dévastateur, aux trois ingrédients vraiment nocifs (encore plus si combinés) pour la santé : une dégradation générale de l’hygiène alimentaire, une diminution ou absence de l’activité physique, une augmentation marquée de la sédentarité notamment du fait du temps passé devant les écrans. Cette triple combinaison, loin d’être harmonieuse, causse une malbouffe, atteignant des sommets quantitativement, et de par son uniformisation, une paupérisation qualitativement. Le porte-parole de la Société européenne de Cardiologie, Joep Perk, tire la sonnette d’alarme sur ce fléau appelé à empirer : « La Chine doit se préparer à une explosion du nombre de cas de maladies cardiovasculaires et de diabète. L’adoption du mode de vie à l’occidental va coûter très cher en termes de mortalité ». Ces pathologies sont de véritables bombes à retardement à désamorcer très rapidement. L’éducation, rimant avec prévention, est la voie royale, mais est encore insuffisamment utilisée, surtout dans les campagnes (46% des chinois étaient ruraux en 2014, avec une forte tendance à la baisse, depuis des années).

Obésité, Pixabay – cocoparisienne

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *