Accueil / Actualités / Le Bon Coin : un cabinet médical cédé gratuitement cherche preneur déséspérement

Le Bon Coin : un cabinet médical cédé gratuitement cherche preneur déséspérement

Une annonce des plus alléchantes, traîne des pieds, depuis pas moins de  neuf mois, sur Le Bon Coin : elle émane d’un médecin généraliste généreux, qui souhaite offrir son cabinet médical, car il désire prendre sa retraite. Hélas, personne ne s’est manifesté : cette désillusion traduit un malaise méritant des explications.

Consulter un médecin

Un médecin généraliste, de Haute-Saône, comptant sur la force de frappe du site Le Bon Coin, pour son cabinet à céder gratuitement, s’est heurté à une indifférence complète, même au bout de neuf mois de mise en ligne

Le Bon Coin est une plateforme de mise en ligne gratuite d’annonces, mettant en relation des particuliers enrtre eux, avec des offres à foison. La preuve indéniable de sa notoriété est son classement,  comme 2ème site web le plus consulté de France, selon l’ACPM, avec pas moins de 152 millions de visites totales, pour le seul mois d’octobre 2016.  Désireux dz surfer sur la vague en vogue de cette interface, le médecin généraliste Patrick Laine, souhaitant partir sereinement en retraite, et originaire de Haute-Saône (Région Bourgogne-Franche-Comté) a ainsi posté une annonce sur le Bon Coin.

Cette dernière remonte à déjà neuf mois, et ce sans avec un succès désespérément vain. Dans cette annonce, pourtant alléchante, il espère céder gratuitement son cabinet médical, localisé dans la commune de Saulnot,  bourgade qui compte un peu moins de 700 habitants, et située dans une zone à la ruralité marquée, entre les villes de Belfort et Vesoul. Cependant, en dépit d’une gratuité totale, cette transaction n’a suscité qu’un désintérêt absolu. « Je n’ai aucun contact depuis neuf mois. Et même en faisant appel à un réseau italien du Val d’Aoste, je n’ai aucun retour non plus. C’est inimaginable, ça dépasse mon entendement », explique le médecin, dépité au possible, au micro de la radio France Bleu Belfort-Montbéliard.

Le praticien n’est pas dupe complètement concernant ce fiasco qui s’expliquerait par les deux arguments suivants : son cabinet est dans un désert médical et le sous-investissement des jeunes diplômés est réel

Pourtant, le médecin, ayant atteint l’âge auguste de 66 ans, méritant pleinement sa retraite, et désireux de passer le relais gracieusement à plus jeune que lui, a posté sur Le Bon Coin une offre, gage de débuter une carrière, à la fois le plus facilement, et le plus confortablement, du monde. Il cède en effet son cabinet, avec une patientèle acquise, et un matériel médical complet. Nous partageons également son désespoir, qui s’expliquerait pour deux raisons : l’une concernant le volume de travail, et l’autre une réalité sociétale. Le médecin est lucide concernant ces deux vérités : « aujourd’hui travailler minimum 12 heures par jour ça doit faire peur. J’ai même proposé de diviser ce temps de travail entre deux médecins, mais je n’ai pas plus de succès ». Ce phénomène traduit un véritable malaise propre à la cartographie d’une France, où la répartition harmonieuse des personnes relevant du corps médical, est purement chimérique.

Les déserts médicaux sont nombreux, et le cabinet de notre médecin concerné, est dans une zone, qui n’attire pas du tout les jeunes diplômés. L’exercice de la médecine à la campagne est délaissé aujourd’hui, au profit des grandes villes, et de certaines régions, à l’attraction indéniable. Concernant ce sujet épineux, Patrick Laine a une idée louable, qu’il justifie ainsi : « si on imposait à un jeune médecin dont les études ont été payées par le contribuable de venir boucher les trous, ne serait-ce que pendant un an, une grande partie des problèmes serait réglé. » 

Consulter un médecin, Pixabay

A propos Eric Françonnet

Essayez à nouveau

Alcool

Le binge-drinking bouleverse le cerveau, même au repos, des jeunes s’y adonnant

Une hyper-alcoolisation, qualifiée de binge-drinking (dans notre langue de Molière, nous disons aussi « biture express » …

Un seul commentaire

  1. Un médecin n’a plus les moyens d’avoir une secrétaire pour l’aider. La paperasserie est affolante ;ainsi, et entre autres : il est exigé qu’il écrive en entier « non substituable » , parfois 5 ,6,7 fois sur une même ordonnance. Toutes ses cotisations personnelles augmentent en fonction de son chiffre d’affaires. A 23 € la consultation, un généraliste doit travailler 50 heures par semaine pour s’en sortir.
    On a écrasé la profession depuis trop longtemps, on en subi les effets.

Réagissez !