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Le flirt dangereux des adolescents et de la codéine n’est pas à prendre avec légèreté

C’est le nouveau « trip » en vogue chez les adolescents. De quelle substance parlons-nous ? Il s’agit de la codéine exemptée pourtant d’une liste noire où figure notamment la morphine dont elle est un dérivé. Son faible coût et sa vente libre dans toutes les pharmacopées expliquent son succès dont la visée est récréative. Mais la dépendance insidieuse s’installe peu à peu.

Médicaments

Les adolescents et la codéine : deux décès par surdosage et trois intoxications massives à déplorer depuis le début de l’année

La codéine est un analgésique morphinique central (action sur le système nerveux central) dont l’effet est cependant 5 à 10 fois plus faible que celui de la morphine. Cet opiacé se passe de tout sésame d’un médecin et on le trouve en vente libre partout en France. Elle n’est classée comme étant un stupéfiant mais sa dangerosité est indéniable. Les autorités sanitaires ne cachent pas leur inquiétude car sa consommation détournée de son usage médical initial pour des fins festives avec le décès de deux adolescents en cette année 2017 reflète une escalade dangereuse sur l’échelle, de ce que nous appelons familièrement, la défonce. Leur décès est imputable à un surdosage. Notons aussi l’intoxication nocive de trois autres adolescents. Bref, des mesures urgentes s’imposent et certaines sont déjà effectives.

La codéine est à la base un antalgique puissant souvent associé au paracétamol : son risque d’accoutumance est explicite

L’association de la codéine et du paracétamol est à l’origine d’une activité antalgique avec une action synergique. La codéine est indiquée avec pour objectif spécifique de traiter certaines affections douloureuses de l’adulte et de l’enfant. Elle est utilisée particulièrement pour traiter au mieux les douleurs modérées ne répondant pas à l’utilisation d’un antalgique que nous pourrions qualifier de périphérique. Parmi les contres-indications les plus notables, ne nous voilons pas la face, une utilisation prolongée de ce médicament à fortes doses risque d’entraîner une dépendance. Il y a également, dès la première prise, une altération de la vigilance, qui est amplifiée, s’il y a consommation d’alcool. Chez tout sportif, une réaction positive à des tests de contrôle antidopage est dans le champ du possible.

Les prises de position de chacun (pharmaciens, ANSM, parent de victime, etc.) ne sont pas accordées au même diapason

La bonne conscience des pharmaciens est mise à mal surtout lors des pics de demandes le vendredi et le samedi en vue des soirées de fin semaine. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a également pris bonne note de ce phénomène qui s’est sévèrement amplifié en deux ans. Cependant l’ANSM, en dépit, nous le répétons, de ces dérives délibérées débouchant sur une accoutumance fréquente chez un public adolescent, que la mort peut cueillir aussi précocement, n’entend pas supprimer la vente libre de la codéine mais trouver un juste équilibre. Une situation qui ne satisfait pas la mère d’une victime. Elle a lancé une pétition sur change.org pour faire interdire la vente libre de cet analgésique et que notre nouvelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn, agisse avec fermeté.

Médicaments, Pixabay – PublicDomainPictures

A propos Eric Françonnet

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Un seul commentaire

  1. Il me semble que l’on ne peut rien acheté dans une pharmacopée puisqu’il s’agit d’un recueil ou de la science du médicament, il aurait été plus judicieux de mettre simplement pharmacie. Vouloir étaler son « riche » vocabulaire tombe quelque fois bien à plat ! Sachez également que la codéine n’est administrée pas avant l’âge de 12 ans chez l’enfant.

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