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Insolite : le poisson zèbre pourrait nous aider à régénérer notre moelle épinière

Et si l’une des solutions, pour réparer les lésions de la moelle épinière provenait d’un poisson ? Il ne s’agit ni du poisson clown et ni d’une blague. C’est le poisson zèbre, qui si l’on se fie au sérieux d’une étude, parue le jeudi 3 novembre, dans la revue Sciencepourrait nous apporter un précieux secours car il possède le don biologique et unique, dans l’arborescence des espèces, de régénérer lui-même sa propre moelle épinière si cette dernière hérite d’une blessure, qui est par conséquent réparable, et non aux conséquences irréversibles en ce qui concerne le corps humain.

Poisson zèbre

Le poisson zèbre (Danio rerio) est une espèce de poissons, de la famille des Cyprinidés, qui se rencontre en Inde. Il est couramment utilisé en aquariophilie et en laboratoire où il sert d’organisme modèle. Il mesure à 4 à 5 centimètres à l’âge adulte. Ce n’est donc pas la première fois qu’il est un centre d’intérêt. Ce qui pique notre curiosité, le cas échéant, c’est cette incroyable capacité de régénérer sa moelle épinière, qu’il possède, après une blessure. Par un des heureux hasards de la génétique et de l’évolution, nous avons des points communs, avec ce petit vertébré.

La moelle épinière joue un rôle clé de connectivité entre le cerveau et l’organisme : seul le poisson zèbre est dotée de la qualité de sa régénération spontanée

Les scientifiques avaient déjà constaté que lorsqu’un poisson zèbre est blessé dans cette zone des plus sensibles et utiles (la moelle épinière constitue le prolongement du cerveau de la boîte crânienne, à partir du bulbe rachidien, et ce tout le long de la colonne vertébrale, dans laquelle elle est contenue. Son rôle est de distribuer les nerfs entre le cerveau et les différentes parties du corps), la lésion est comblée par les cellules voisines, lesquelles servent ainsi de relais favorable au développement de nouvelles cellules nerveuses.

Une blessure qui pourrait déboucher sur une paralysie générale et à vie chez l’homme est résorbée ainsi en deux mois au maximum chez ce poisson bienheureux. C’est la protéine CTGF (« connective tissue growth factor » en anglais), qui jouerait un rôle clé pour ouvrir les portes sur une guérison réflexe et à la rapidité extrême. Lorsqu’elles est inhibée en laboratoire, le poisson zèbre est dans l’incapacité de guérir les blessures propres à sa moelle épinière, s’il est blessé, son code génétique ayant été hélas impacté.

La protéine animale CTGF, qui déclenche la régénération des cellules nerveuses de la moelle épinière, présente une similitude de 90% avec celle de l’homme

Tout ce que nous savions déjà, à quoi il faut ajouter les nouvelles révélations étayées scientifiquement, par les chercheurs de l’étude, se révèlent être de bon augure. La preuve à l’appui : ils sont parvenus à isoler (ce qui peut paraître petit mais est énorme à l’échelle de la biologie moléculaire) sept gènes ayant pour fonction de coder les protéines chez le poisson zèbre dont un à l’origine de la protéine CTGF. La cerise sur le gâteau est la suivante : la version animale de cette protéine est d’une similitude troublante avec de celle de l’homme (90% est le pourcentage exact identique).

En si le gène humain est amené, par l’intervention d’une main laborantine et expérimentée, à être présent volontairement dans l’organisme du poisson blessé, les scientifiques ont constaté que le processus de régénération fonctionnait à merveille. Tous ces signes pourraient être révolutionnaires s’ils sont amenés à déboucher sur une application à l’être humain. Des tests complémentaires sur des souris sont prévus avant d’éventuels essais cliniques.

Poisson zèbre, Pixabay

A propos Eric Françonnet

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Un seul commentaire

  1. une image d’illustration qui montre un chirurgien « zebrazoma veliferum » poisson d’eau de mer au nom communs de chirurgien voilier, plutôt que le vrais poisson zèbre « danio rerio » qui lui est un poisson d’eau douce….
    merci de corriger ça!

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