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La fièvre catarrhale ovine continue sa propagation galopante avec un dernier bilan inquiétant

La fièvre catarrhale ovine ou FCO est réémergente en France alors qu’on la croyait totalement disparue. En effet, Le sérotype 8 (la FCO se décline en 26 sérotypes dans le monde) ne circulait plus depuis 2010 en France. La trêve virale aura été de courte durée et depuis début septembre 2015, on assiste à une recrudescence, qui ne fait pas dans la demie-mesure, de cette maladie. Vous allez être étonnés par son dernier bilan en date.

Quel est le dernier bilan chiffré des cas touchés par la FCO réapparue il y a deux mois ?

Depuis la confirmation d’un premier cas de FCO il y a deux mois (sur un bélier dans un élevage d’ovins et de bovins du département l’Allier), les chiffres ne cessent d’enfler concernant la multiplication des animaux infectés et dans des zones géographiques se jouxtant. 90 foyers infectieux ont été détectés en France dans 13 départements. Le précédent bilan, arrêté à la fin du mois d’octobre, faisait état de 72 cas dans dix départements. L’épidémie virale se poursuit à une allure galopante (même si nous parlons de moutons).

L’Allier et le Puy-de-Dôme sont les départements les plus infectieux avec des totaux respectifs à 31 et 28 cas. Des ovins malades supplémentaires sont également apparus dans le Cantal (4 pour un total de 5), la Creuse (2 pour 8), la Loire (un pour 4), la Nièvre (un pour 3) et en Saône-et-Loire (un pour 3). Le Cher, l’Indre et le Loiret n’ont quant à eux pas constaté d’augmentation de leurs foyers (trois cas au total pour le Cher et un chacun pour l’Indre et le Loiret). Bref des chiffres peu rassurants et une carte hexagonale qui accuse le coup.

Qu’est-ce que la fièvre catarrhale ovine et ses menaces justifiées ou non sur nous ?

La fièvre catarrhale ovine (FCO), également appelée maladie de la langue bleue (« Bluetongue » en anglais), est une maladie virale, transmise par des par des moucherons piqueurs du du type Culicoides. 26 sérotypes viraux différents sont répertoriés dans le monde d’où un arsenal insuffisant pour l’instant pour venir à bout ce virus protéiforme. Les espèces sensibles à la FCO sont les ruminants domestiques (ovins essentiellement et dans une moindre mesure bovins et caprins) et sauvages (cervidés et antilopes) sans oublier les dromadaires.

La FCO entraîne les symptômes suivants : fièvre, troubles respiratoires, salivation excessive, oedème du museau, langue enflée et colorée en bleu, érythème, etc. Il y a une échelle graduelle de 4 étapes suivant le degré de gravité de la FCO allant de la forme aiguë à la forme inapparente. Notons que cette maladie est strictement animale : elle n’affecte pas l’homme et n’inspire donc aucune inquiétude ni pour la population, ni pour le consommateur. Elle n’a strictement aucune incidence sur la qualité des denrées (viande, lait, etc).

Quels sont les moyens de lutte pour endiguer l’épisode épidémique hexagonal ?

S’agissant d’un virus, il n’existe encore aucun traitement efficace. Seuls sont disponibles des traitements symptomatiques. La prévention est assurée par la mise en quarantaine des exploitations touchées, la vaccination et le contrôle (on devrait plutôt parler d’éradication salutaire) de l’insecte transmetteur. On distingue deux types de vaccins : les vaccins vivants dits atténués et les vaccins inactivés. Actuellement il n’existe pas de vaccin inactivé contre tous les sérotypes de la fièvre catarrhale, ce qui pose problème.

Les animaux ne doivent être traités qu’avec des médicaments vétérinaires ayant une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) et délivrés exclusivement sur prescription vétérinaire. La désinsectisation est également indispensable pour éviter que l’insecte vecteur ne se multiplie en se reproduisant rapidement. Cette dernière s’opère aussi bien au niveau des animaux (bovins et ovins) que des bâtiments et des véhicules. Les bâtiments doivent être désinsectisés, ainsi que les véhicules avant le chargement. Il faut éviter toute propagation.

A propos Eric Françonnet

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