Les cancers professionnels hors amiante (surtout celui de la vessie) ont augmenté de plus de 10% en 2014

Le bilan annuel de l’Assurance Maladie, dévoilé jeudi dernier aux professionnels de la sphère médicale mais aussi au grand public, confirme deux éléments indésirables : la majorité des cancers d’origine professionnelle sont imputables à l’amiante (81%) dont les risques sur le long cours ont été sous-estimés mais avec une baisse de 3,7% ; la deuxième mauvaise nouvelle est que les cancers liés au monde du travail ont augmenté de 10,33% l’année passée et que c’est le cancer de la vessie qui représente plus de la moitié de ces derniers.

Quelles sont les caractéristiques essentielles du cancer évitable de la vessie ?

Selon l’ARC, les cancers de la vessie touchent majoritairement les hommes de plus de 50 ans. Lorsqu’ils sont diagnostiqués suffisamment tôt, leur traitement est aisé et quasi-imparable. Cependant, ils récidivent hélas avec une fréquence soutenue, dans les années suivant leur traitement. Avec près de 10 000 nouveaux cas annuels, dont 8 000 chez les personnes de sexe masculin, les cancers de la vessie se placent au cinquième rang des cancers les plus répandus en France. Ils sont à la triste origine de plus de 4 000 décès annuels.

Les cancers de la vessie sont généralement diagnostiqués après 50 ans. L’incidence de ces cancers augmente régulièrement. Cette augmentation s’explique notamment par l’amélioration de ces derniers, qui permet de détecter davantage de tumeurs. Les cancers de la vessie sont souvent dus à un tabagisme important. Il existe également un sur-risque associé à l’exposition à certains composés chimiques utilisés dans l’industrie, porte ouverte pour la suite de notre réflexion et qui n’est désormais plus de l’ordre du secret des plus honteux.

La reconnaissance de l’origine parfois professionnelle du cancer de la vessie

Le cancer de la vessie n’est donc pas exclusivement lié à une surconsommation tabagique délétère quotidienne et sur le long cours. L’exposition professionnelle à une cohorte de substances comme certains composés aromatiques que l’on retrouve dans les teintures et colorants, dans les synthèses de médicaments ou de pesticides et dans l’industrie plastique et du caoutchouc, pourraient bien être tenus pour responsables eux aussi de l’augmentation des cancers de la vessie et il est inutile de jouer à cache-cache avec cette fatalité.

Il n’est pas chose aisée que de prouver le bien-fondé du déclenchement du cancer sur le lieu de travail. « Cette maladie survient longtemps après l’exposition à un agent cancérogène : 10, 20 voire 40 ans après, donc généralement après cessation de l’activité professionnelle », souligne le rapport annuel. Pour parvenir à ces résultats, une enquête a été menée de 2008 à 2014 dans six régions pionnières : sur ces territoires, « les demandes de reconnaissance ont été multipliées de 5 à 10 et l’origine professionnelle reconnue à 60 % ».

A propos Eric Françonnet

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