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La France et son désamour pour les sodas : une exception dans un monde où la consommation de sucre explose

L’épouvantail des autorités de santé, à savoir le sucre, voit globalement sa consommation exploser. Il est présent avec un dosage hypercalorique, notamment dans les boissons industriellement gazéifiées, parmi lesquelles figurent les sodas. ll est un constituant indispensable sur le plan gustatif et osons-le addictif de ces derniers mais à un niveau néfaste tel que notre planète bleue voit rouge : si des apports nutritionnels en glucides sont nécessaires en termes d’AJR (apports journaliers recommandés), il convient néanmoins de s’inquiéter, selon une étude récente de la City University de Londres (Royaume-Uni) et de l’université de Caroline du Nord (Etats-Unis), publiée dans une revue de référence The Lancet Diabetes & Endocrinology, qui atteste d’une hausse inquiétante à l’échelle mondiale de la consommation de sucre entre 2009 et 2014 mais cachant des disparités énormes. A noter la bonne tenue nutritionnelle de la France et une hiérarchie bouleversée entre les nations accros en 5 ans (les pays en voie de développement sont les plus exposés).

L’exception française : nous sommes parmi les meilleurs élèves à échapper à la saturation en sucre des sodas

La France mérite un bon point du fait de son classement (34ème sur 54 pays passés au crible) avec une moyenne de 52 kilocalories bues par jour et par personne, soit un immobilisme presque parfait entre 2009 et 2014 qui lui vaut un immense cocorico ! En zoomant cependant davantage sur la consommation de sucre en France, on constate des fluctuations tout de même, aussi légères soient-elles : ainsi le sucre a davantage eu la côte entre 2009 et 2011, pour entamer par la suite une diminution sans discontinuité lorsqu’une taxe sur le sucre (dite également « taxe soda ») a été introduite en France en 2012. Si les sodas accusent le coup chez nous tout comme dans les pays les plus riches (à l’exception notoire de l’Allemagne, plus grand consommateur européen de boissons édulcorées au sucre par personne et par jour, qui pointe à une dévalorisante 6ème place au classement), il convient de crier haro sur les boissons sportives qui sont très en vogue, aux vertus énergisantes, pourvoyeuses d’une assimilation rapide de glucose, à l’effet boostant immédiat. Leur consommation a augmenté considérablement en France, pour passer de 0,87 kcal/personne/jour en 2009 à 1,11kcal/personne/jour en 2014. La copie diététique rendue par la France n’est certes pas parfaite à 100% mais se révèle très encourageante pour l’avenir. A l’échelle européenne, où la tendance générale et engagée est à la baisse, nous figurons en bonne place entre le Royaume-Uni (29ème) et l’Italie (37ème).

La nouvelle donne des pays les plus impactés suivant le mauvais exemple américain à l’influence trop grande

Parmi les 54 pays du monde étudiés, le classement actuel qui ressort de l’étude risque de vous surprendre : le Chili se place en première position pour le nombre de calories dans les boissons édulcorées au sucre vendues par personne et par jour. Le Mexique vient en deuxième position et les États-Unis déchus n’occupent plus que la troisième place, perdant ainsi le triste privilège de rester le premier consommateur au monde qu’ils ont été ces 15 dernières années mais demeurent cependant le premier producteur de sodas qui expliquent en partie leur désastre de santé publique avec 27,7% de citoyens obèses en 2015. Les Etats-Unis font ainsi figure de contre-exemple sur lequel il convient de ne pas calquer sa consommation de sucre : cette dernière est en effet, si cédant aux sirènes de l’excès, outre l’obésité, pourvoyeuse d’autres maux (diabète, surpoids, NASH). Ces recommandations précautionneuses n’empêchent pas le modèle américain de s’exporter à grande vitesse dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires, surtout situés dans l’hémisphère sud, où il serait bon d’agir avec promptitude afin d’éviter un désastre qui n’est pas inéluctable, selon les auteurs de l’étude, tirant la sonnette d’alarme sans trop de retard mais plaidant pour une réaction vive, de toutes les bonnes volontés (gouvernementales, institutionnelles liées à l’ONU telle l’OMS ou prise de conscience individuelle). La taxe « soda » est une idée adoptée avec succès par la Finlande ou la Hongrie.

Limonade, Pixabay

A propos Eric Françonnet

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