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Sophia : ce robot nous ressemblant ne nous veut-il réellement que du bien ?

David Hanson serait-il le nouveau Docteur Frankenstein et le robot inédit Sophia sa créature née tout récemment ? Sophia (signifiant littéralement en grec ancien « sagesse ») se situe à la pointe de l’innovation, appartenant à la famille des humanoïdes baptisés anthropomorphes et conversationnels (nous disons « human-like » en anglais). Sophia se distingue cependant de ses nombreux prédécesseurs et concurrents récents, qu’elle dépasse, grâce à un réalisme se révélant des plus bluffants et du registre du jamais vu. Son visage est ainsi quasi-identique et presque aussi expressif que celui d’un être de chair et de sang. Ce robot a incontestablement été l’une des attractions phares, ayant suscité une fascination sans pareille mais à contrario une inquiétude légitime, lors de sa présentation au moment de la conférence SXSW (South by Southwest), véritable célébration du tout-numérique, à Austin, capitale du Texas (Etats-Unis).

Un robot mimant l’être humain à la perfection en adoptant 62 de ses expressions faciales

Développé par la société Hanson Robotics, le robot s’apparentant à une femme, est capable d’exprimer  62  » émotions » spécifiquement humaines sur son visage recouvert d’une peau qui est constituée d’un silicone caoutchouteux spécifique et breveté (Frubbor) : son faciès a ainsi une grande élasticité. Elle peut simuler, à la perfection, un spectre large d’émotions, qui nous sont propres, passant facilement du rire aux larmes, de par sa peau à la texture plus vraie que nature. Ses yeux accueillent des micro-caméras lui octroyant le privilège inaugural, crème de la robotique, de suivre le regard de ses interlocuteurs (technologie du face-tracking), et de surcroît de les identifier, avec une facilité déconcertante, grâce au balisage de ses bases de données. Elle est de plus dotée d’un don de son Pygmalion, David Hanson, qu’est la parole, grâce au précieux secours de son logiciel de reconnaissance et d’analyse vocale embarqué. David Hanson avoue s’être inspiré de Audrey Hepburn (icône du cinéma) et de sa femme (icône de sa vie) pour dessiner les traits, s’avérant agréables, du visage de Sophia.

Un robot enrichi d’une personnalité ambivalente : gentille tout autant que menaçante

David Hanson a doté de plus,  sa machine d’un « moteur de personnalité » qui lui donne un tempérament très particulier et venant d’emblée de lui porter péjudice. A l’occasion rêvée pour briller, lors d’une entrevue qu’elle a donnée en exclusivité à la chaîne américaine CNBC, Sophia, dont l’objectif premier est l’aide précautionneuse d’autrui , a déclaré vouloir « aller à l’école, avoir son entreprise, sa propre maison et fonder une famille ». Ses premières paroles étaient donc rassurantes au possible. Mais elle a par la suite effectué un dérapage verbal, ne mâchant pas ses mots même avec sa voix de synthèse. Elle a ainsi exprimé le souhait étant très explicite de « détruire l’humanité ». Qui aurait pu imaginer que les robots seraient un jour capables de faire de l’humour (noir en ce qui concerne Sophia) ou proférer des prédications, que beaucoup de gens, en particulier ses détracteurs scientifiques, ne prennent pas du tout avec légèreté. Sophia, destinée dans un futur non défini, à des fins initialement du registre d’une empathie à notre service, annonce-t-elle le règne redouté de l’intelligence artificielle ?

 

Sophia, Crédits photo : YouTube

A propos Eric Françonnet

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