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Le virus Zika de plus en plus présent et virulent dans l’ensemble des Antilles

Selon une annonce officielle du ministère de la Santé, en date du vendredi 15 janvier 2015, la Martinique et la Guyane ont été considérées comme aux balbutiements déjà sévères d’une épidémie, en ce qui concerne la virulence du virus Zika, appelée sans doute à s’amplifier, dont il convient de s’inquiéter et appelant à réagir de façon ad hoc. Petite piqûre de rappel : le virus Zika se transmet par le moustique tigre d’homme à homme comme pour d’autres maladies voisines comme la dengue et le chikungunya. Il n’y a pas le moindre traitement anti-viral qui soit, tel un vaccin, et il faut attendre que la maladie se résorbe d’elle-même ou la combattre avec des antalgiques pour en minimiser les symptômes rappelant fortement un état grippal. Mêmes rares des complications ne sont pas à exclure. Une zone intertropicale très vaste regroupant une douzaine de pays d’Amérique du Sud est contaminée. La Guyane jouxte le Brésil qui est le pays le plus frappé par le virus Zika. La Martinique avait été le premier foyer infectieux des Antilles qui seraient sous la menace du virus Zika dans leur ensemble à présent. Ce dernier a fait une incursion dans ce vaste archipel de la mer des Caraïbes (il s’étend sur 3 500 kilomètres de long pour une population totale de 42 millions d’habitants) avec un premier cas autochtone confirmé à Haïti apprenons-nous ce samedi. La propagation du Zika qui repousse sans cesse ses limites en ce qui concerne sa gourmandise virale est telle que les prédictions les plus alarmistes annoncent une épidémie de grande ampleur, au-delà des tropiques, c’est-à-dire d’envergure mondiale. Les Antilles françaises englobent les îles suivantes : Guadeloupe (Grande-Terre, Basse-Terre, Marie-Galante, Les Saintes et La Désirade), Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélémy. 844 000 personnes y vivaient en 2008. Leur crainte se révèle immense.

Le dernier bilan actualisé depuis les premiers cas en décembre

La Martinique, dont le premier cas remonte à décembre dernier tout comme pour la Guyane, est la plus durement touchée avec 47 cas confirmés autochtones ayant été infectés par le virus Zika, auxquels il convient d’ajouter 610 cas cliniquement évocateurs. Un cas de Syndrome de Guillain-barré (ce qui constitue une première au niveau de la prise en charge médicale d’un cas issu de complications virales et sous la menace de la paralysie) a été identifié et est hospitalisé en réanimation. En Guyane, 15 cas autochtones d’infections au virus Zika sont confirmés. A Saint-Martin, 1 cas autochtone vient d’être confirmé. En Guadeloupe, 1 cas autochtone a été confirmé ce samedi par son ARS de tutelle. A Saint-Barthélemy, le virus Zika est pour le moment aux abonnés absents : il n’y a donc pas de circulation du virus à signaler. Le virus Zika a comme caractéristique vicieuse, le fait d’être parfois asymptomatique, d’où une suspicion en vigueur avec beaucoup de cas qui sont en cours d’investigation : le stade de contagion réelle n’est donc pas d’une fiabilité chiffrée avec la plus grande exactitude souhaitée qui soit. C’est donc une courbe ascendante fulgurante pour le Zika qui se voit presque offrir une autoroute virale : nous verrons que les autorités sanitaires ne l’entendent pas de cette oreille avec un déploiement de moyens à foison pour endiguer la contagion tout en appelant aussi à un devoir citoyen de précaution individuelle pour s’en prémunir.

Les autorités sanitaires sont sur le qui-vive et le pied de guerre

La Guyane, la Martinique et la Guadeloupe ont chacune un Directeur Général des Agences Régionales de Santé (ARS) qui est l’ordonnateur d’un plan d’action approprié à la situation épidémique sévissant sur sa zone de compétence, en particulier destiné aux populations les plus vulnérables, telles les femmes enceintes : des microcéphalies (une malformation de la boîte crânienne) chez l’enfant peuvent se produire entraînant de graves séquelles neurologiques et de surcroît un développement réduit des capacités cérébrales. L’Etablissement de Préparation et de Réponses aux Urgences Sanitaires est paré à envoyer des renforts en professionnels de santé et en matériels de prise en charge si la situation est appelée à péricliter quelque soit la zone affectée. Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) publiera en tout début semaine prochaine les conduites à tenir en ce qui concerne les populations les plus exposées : on pense encore aux femmes enceintes parfois invitées à ne pas s’aventurer sur place. Des directives seront soumises à l’attention accrue des gynécologues et des sages-femmes. Il est de la responsabilité de chacun se protéger au mieux : les parades sont légion avec le port de vêtements amples, les répulsifs, les insecticides ainsi que les moustiquaires. Sur le plan de l’hygiène collective, on pense surtout à l’élimination des foyers larvaires afin d’éliminer de futurs moustiques tigres au stade inoffensif de leur développement.

Moustique tigre, Pixabay – WikiImages

A propos Eric Françonnet

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