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Virus Zika : vers un vaccin dans les starting-blocks des essais cliniques d’ici 18 mois

Les moyens déployés contre le virus Zika sont dans une phase ascendante et nous l’espérons pérenne. En effet, la copie orale de Marie-Paule Kieny, sous-directrice adjointe de l’OMS pour les systèmes de santé et l’innovation, à une conférence de presse de l’OMS à Genève ce vendredi, a été de très bon augure. Cette dernière a sorti de sa manche médicale une carte rassurante : on peut même parler de plusieurs atouts posés sur la table s’avérant très encourageants pour l’avenir. Même si c’est l’état d’urgence planétaire qui prévaut (décrété presque en ces termes par Marie-Paule Kieny au nom de cette haute instance affiliée à l’ONU) et qui explique pourquoi des acteurs majeurs de la recherche ont décidé de faire front commun, ce qui est d’une rareté extrême qui mérite d’être soulignée, mettant de côté leur concurrence acharnée en temps normal, pour trouver un vaccin contre le virus Zika, devenu un enjeu majeur en termes de santé publique qui nous dépasse. L’OMS, au bon vouloir de coordination, s’en félicite mais annonce un temps d’attente estimé pour l’heure à environ 18 mois cependant pour ce vaccin qui passera obligatoirement par la phase des essais cliniques avant une administration aux personnes atteintes souhaitée des plus rapides et des plus imparables pour anéantir le virus hélas toujours aussi virulent. Ce que l’on saura bien avant (d’ici quelques semaines) c’est le lien indéniable ou non entre le Zika que l’on estime (mais est-ce à juste titre ?) responsable du taux de prévalence en hausse du syndrome Guillain-Barré mais aussi des cas de microcéphalies, qui en fonction de facteurs indicateurs, laissent penser que le virus est bel et bien le responsable favorisant leur multiplication dangereuse dans la vaste zone intertropicale mais surtout au Brésil. Certains scientifiques en ont déjà l’intime conviction et ne s’en cachent pas du tout. Le voile sera levé bientôt.

Virus Zika : description synthétique de cette pathologie (transmission et symptômes)

Si le seul vecteur de transmission exclusif et indéniable du virus Zika demeure le moustique tigre de la famille des Aedes, les spéculations vont bon train sur d’autres modes de contagion découverts dans l’intimité de certains laboratoires qui le plus souvent nuancent leurs découvertes méritant d’être étayées. Ainsi un cas de transmission par voie sexuelle a été annoncé il y a peu au Texas (Etats-Unis). Au Brésil, la présence du virus Zika a été tout récemment décelée dans des échantillons d’urine et de salive prélevés chez des personnes contaminées, ce qui éveille des soupçons sur ces fluides corporels comme vecteurs possibles de transmission. Rappelons que le Zika n’a pour l’instant aucun ennemi direct et anti-viral tel un vaccin qui serait le bienvenu. La majorité des personnes infectées par le virus (70 à 80 % d’entre elles) ne développent aucun symptôme (on parle alors de cas asymptomatiques). Dans le reste de la population, les symptômes provoqués par le virus Zika sont de type grippal : fatigue, fièvre (pas nécessairement forte), maux de tête, douleurs musculaires et articulaires dans les membres. A ces symptômes s’ajoutent différents types d’éruptions cutanées. Une conjonctivite, une douleur derrière les yeux, des troubles digestifs ou encore des œdèmes des mains ou des pieds peuvent apparaitre. Dans la plupart des cas, les troubles sont modérés et ne nécessitent pas d’hospitalisation. Ils s’estompent au bout d’une durée maximale d’une semaine. Cependant, la maladie peut s’avérer sournoisement plus redoutable et provoquerait des séquelles qui lui sont imputées mais dont elle n’est peut-être pas la seule responsable (la confirmation ou non est pour bientôt) : on pense au syndrome Guillain-Barré avec sa paralysie ascendante progressive pouvant atteindre les voies respiratoires et surtout aux microcéphalies se traduisent par de graves anomalies du développement cérébral chez le nourrisson, appelé à grandir en accusant des retards mentaux, tout particulièrement au Brésil qui est le pays le plus exposé. La microcéphalie se manifeste physiquement par une malformation du crâne qui est trop petit chez les bébés malchanceux en héritant via le placenta lorsqu’ils sont encore au stade prénatal de fœtus. Le chiffre de 4 000 nourrissons atteints de microcéphalies en 2015 est énorme et a explosé chez les femmes enceintes en l’espace d’une année seulement. Le rôle joué par le virus dans l’apparition de microcéphalies chez des bébés nés de femmes enceintes contaminées voient l’étau de preuves se resserrer déjà autour de lui : deux nouvelles études publiées jeudi (dans le New England Journal of Medicine) et mercredi par le Centre de contrôle et de prévention des maladies américain montrent sa présence dans le cerveau de foetus atteints de cette malformation de la boîte crânienne. Le lien est presque avéré.

L’adage « l’union fait la force » se vérifiera-t-il pour un vaccin escompté d’ici 18 mois ?

La mobilisation scientifique est générale contre le virus Zika. On pourrait presque parler d’Union Sacrée à l’échelle internationale car ce sont à la fois une guerre et une course contre la montre qui se joue contre le Zika : ainsi, 15 sociétés et groupes ont entamé des travaux et seront amenées (la concurrence féroce entre tous ces laboratoires s’effacerait-elle réellement pour une adhésion philanthrope afin de se placer en sauveur de l’humanité, si l’on se fie au quotidien Le Figaro, qui indique des premiers décès plausibles -trois morts suspicieuses au Venezuela- qui pourraient avoir été occasionnés par le Zika ?) pour trouver un vaccin se révélant alors salvateur, a annoncé vendredi matin, l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons déjà évoqué plus haut en le développant une seconde fois mais nous vous faisons juste une petite piqure de rappel : le virus, asymptomatique ou proche d’un état grippal, présente très majoritairement un caractère banal, mais ses complications sont très sévères (syndrome de Guillain-Barré et microcéphalies). Deux vaccins ont déjà peut-être en eux la victoire désirée : l’un est développé par l’Institut national de la santé américain et l’autre par le laboratoire indien Bharat Biotech. C’est exactement, ce jeudi, d’où l’annonce, le lendemain par l’OMS, d’une mutualisation des forces de chercheurs et chercheuses de tous pays et de beaucoup d’institutions réputées, qui ont promis de mettre gratuitement à disposition leurs futures découvertes sur Zika, ce qui n’avait pas manqué de m’interpeller comme spécifié plus haut. Le degré d’urgence, que l’on pourrait qualifier d’incontestable, de percer les secrets d’un virus encore très sibyllin et d’endiguer l’épidémie, ont également eu un rôle moteur dans l’émergence d’un état d’esprit fédérateur. Parmi les signataires s’engageant sur l’honneur : Médecins sans frontières, The New England Journal of Medecine, PLOS Science Journals, le Conseil de recherche médicale sud-africain,etc. Ne nous enflammons pas trop vite cependant suivant les dires dont je vais me faire l’écho : « En dépit de ce paysage encourageant, il n’y aura pas d’essais (cliniques) à grande échelle de vaccins avant au moins 18 mois », a déclaré aux médias ce vendredi la sous-directrice de l’Organisation mondiale de la santé chargée du département Systèmes de santé et Innovation, Marie-Paule Kieny. Patience est donc de mise en dépit d’une accélération de la recherche unifiée contre le pire et nous le souhaitons ardemment pour le meilleur. En attendant, des kits de dépistages pour sont également à l’étude et pourraient être amenés à être utilisés dans des délais plus brefs que 18 mois. Certains laboratoires aimeraient également, pour toucher au Graal anti-épidémiologique qu’est le vaccin sur lequel se focalise toute leur attention à l’acuité accrue, commencer les tests cliniques chez des animaux. « Mais la recherche est ralentie faute de modèles animaux standardisés », a regretté Marie-Paule Kieny, avant d’ajouter que la vaccination des femmes enceintes est formellement déconseillée et ralentit quelque peu un optimisme bienvenu .Passer à la vitesse supérieure contre Zika reste cependant une volonté universelle et fédératrice.

Moustique tigre, Pixabay – WikiImages

A propos Eric Françonnet

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