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La présence attestée du virus Zika dans l’urine et la salive laisse présager de nouveaux vecteurs de transmission

Déjà un cas de transmission par voie sexuelle a été annoncé au Texas (Etats-Unis). La présence du virus Zika a été tout récemment décelée dans des échantillons d’urine et de salive prélevés chez des personnes contaminées, ce qui éveille des soupçons sur ces fluides corporels comme vecteurs possibles de transmission. Il est en effet légitime de s’inquiéter à l’égard de cette découverte récente, émanant d’une équipe de chercheurs brésiliens qui, preuves scientifiques à l’appui, ont décelé le virus Zika dans l’urine et la salive : cette double piste ne peut, sans céder à la panique, être ignorée et mérite des mesures de précautions et des actions de prévention. De l’avis même des chercheurs, le sujet reste cependant à approfondir, pour savoir si le seul vecteur de transmission exclusif et indéniable demeure le moustique tigre de la famille des Aedes. Assistons-nous à nouvelle donne des atouts néfastes que peut abattre le virus Zika persistant dans son ancrage et sa poursuite épidémiques ?

Premier impératif pour venir à bout du Zika : circonscrire ce virus tissant sa toile

L’enjeu de santé publique engendré par l’épidémie virale du virus Zika est devenu actuellement la problématique principale des autorités sanitaires se focalisant sur cette dernière à l’extrême et ceci à l’échelle planétaire. Deux objectifs principaux sont les chevaux de bataille de tout le maillon de la santé dans le monde : le premier est de circonscrire au maximum cette nouvelle épidémie (son ampleur infectieuse est considérable du Brésil -où il a émergé- à la plus grande majorité de l’Amérique du Sud et Centrale -on pense à la Guyane- ainsi que le vaste archipel des Antilles -on pense à la Martinique et à la Guadeloupe- et nombreux sont les cas plus isolés détectés en s’éloignant de la zone intertropicale où il sévit le plus même sous des latitudes que l’on aurait pu croire épargnées). Au total,  ce sont 30 pays qui sont touchés à des degrés divers. La France métropolitaine n’a pas développé de cas autochtone (à distinguer des 18 cas importés dans l’Hexagone) mais ce n’est pas la saison de prolifération des moustiques tigres qui court de mai à novembre. La menace mondiale est néanmoins à mesurer au plus juste car elle s’installe confortablement et, ce pourrait-on croire, où bon lui semble pour prendre ses aises, ce qui ne nous va pas du tout.

Second objectif pour venir à bout du Zika : trouver un vaccin qui lui serait fatal

Le second objectif se joue dans l’intimité des laboratoires et également de l’infiniment petit : le Zika n’a pour l’instant aucun ennemi direct et anti-viral tel un vaccin qui serait le bienvenu. La majorité des personnes infectées par le virus (70 à 80 % d’entre elles) ne développent aucun symptôme (on parle alors de cas asymptomatiques). Dans le reste de la population, les symptômes provoqués par le virus Zika sont de type grippal : fatigue, fièvre (pas nécessairement forte), maux de tête, douleurs musculaires et articulaires dans les membres. A ces symptômes s’ajoutent différents types d’éruptions cutanées. Une conjonctivite, une douleur derrière les yeux, des troubles digestifs ou encore des œdèmes des mains ou des pieds peuvent apparaitre. Dans la plupart des cas, les troubles sont modérés et ne nécessitent pas d’hospitalisation. Ils s’estompent au bout d’une durée maximale d’une semaine. Cependant, la maladie peut s’avérer sournoisement plus redoutable et ne pas s’effacer sans laisser des séquelles (par exemple le syndrome Guillain-Barré et sa paralysie ascendante progressive pouvant atteindre les voies respiratoires). La recherche est donc sur le qui-vive pour lui asséner un coup fatal mais une découverte anxiogène a tout juste éclos.

Le virus dans la salive et l’urine : le point de vue des découvreurs de ces souches

C’est l’institut Fiocruz de Rio de Janeiro qui a été porteur de mauvaises nouvelles communiquées aussi bien aux épidémiologistes aguerris qu’au grand public néophyte mais sensible à ce sujet. « La présence du virus Zika, sous forme active, a été détectée dans la salive et l’urine », a déclaré à la presse Paulo Gadelha, le directeur de cet institut réputé pour son sérieux « mais cela ne signifie pas qu’il existe une capacité de transmission par la salive et l’urine ». Il insiste dans le sens de l’approfondissement pour étayer les premiers résultats inquiétants pour tout individu lambda : « Il va falloir faire beaucoup d’études » pour confirmer ces premières allégations. Toutefois « la salive et l’urine ne devraient pas être une voie de transmission importante », dit-il ajoutant un zeste d’optimisme à une annonce qui aurait pu se révéler plus glaciale sinon. Les femmes enceintes sont les plus couvées afin d’éviter l’accentuation déjà trop importante des microcéphalies : il leur faut éviter d’embrasser des inconnus ou de partager des ustensiles ou de la vaisselle avec des gens qui présentent de façon visible des signes de la pathologie dont il est question ici (celle-ci peut être beaucoup plus discrète). Ces règles d’hygiène sont élémentaires voire impératives.

Face à ces modes de transmission potentielle : les microcéphalies inquiétantes

Les microcéphalies se traduisent par de graves anomalies du développement cérébral chez le nourrisson, appelé à grandir en accusant des retards mentaux, tout particulièrement au Brésil qui est le pays le plus exposé. La microcéphalie se manifeste physiquement par une malformation du crâne qui est trop petit chez les bébés malchanceux en héritant via le placenta lorsqu’ils sont encore au stade prénatal de fœtus. Le chiffre officiel de 3 500 nourrissons atteints de microcéphalies en 2015 est énorme : l’OMS essaie de faire comprendre l’utilité justifiée de l’avortement à des nations y étant viscéralement réfractaires ou bien où il est illégal. L’OMS recommande également l’usage des moyens de contraception (la pilule est loin de remporter l’adhésion et est parfois également interdite par les gouvernements rétrogrades en place) qu’elle souhaite démocratiser. Notons pour terminer que le Brésil compte le nombre de malades le plus élevé (1,5 millions pour une population totale ayant franchi le cap des 204 millions d’habitants selon une estimation globale remontant à juillet 2015). Le fort taux d’incidence du Zika inquiète alors que les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro se dérouleront du 5 au 21 aout 2016. L’annulation n’est pas encore de mise.

Moustique tigre, Pixabay – WikiImages

A propos Eric Françonnet

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