Au Mucem, « Manger les images » explore notre appétit pour les représentations
Comment peut-on manger une image, et pourquoi le ferait-on au lieu de simplement la regarder ? Au Mucem, l’exposition « Manger les images » part de cette question intrigante pour explorer les liens entre alimentation, représentation et culture visuelle. Prévue à Marseille du 28 octobre 2026 au 12 avril 2027, elle réunit des objets et des œuvres qui montrent comment les images ont pu servir à soigner, protéger, célébrer ou exprimer une croyance. L’idée peut sembler étrange au premier abord. Pourtant, elle révèle une relation ancienne et très concrète à l’art : parfois, l’image n’est pas faite pour rester à distance.
Je trouve le sujet particulièrement actuel dans un monde où nous consommons des images à longueur de journée, souvent sans nous arrêter sur leur sens. Le parcours annoncé met en regard des pratiques religieuses, philosophiques, littéraires, artistiques et politiques, de l’Antiquité à la création contemporaine. Il ne s’agit donc pas seulement de parler de nourriture, mais de comprendre ce que signifie incorporer une représentation, au sens propre comme au figuré. Pour se repérer, voici les principales informations à retenir.
| Repère | Information |
|---|---|
| Exposition | « Manger les images » |
| Lieu | Mucem, à Marseille |
| Dates annoncées | Du 28 octobre 2026 au 12 avril 2027 |
| Parcours | Des pratiques anciennes aux œuvres contemporaines |
| Thèmes | Alimentation, croyances, protection, soin et culture visuelle |
Au Mucem, une exposition sur l’image que l’on incorpore
Le geste de manger une image bouscule une habitude bien ancrée : celle de regarder sans toucher. Or, dans plusieurs traditions, des objets figurés ou des aliments façonnés prennent part à des rites. Les absorber peut signifier rechercher une protection, demander une guérison ou partager une célébration. L’image ne se contente alors plus de représenter une idée : elle devient un moyen d’agir sur le monde.
Je me rappelle avoir été frappé, lors d’une visite de musée, par la différence entre lire le cartel d’un objet rituel et comprendre la place qu’il occupait dans une vie quotidienne. Une amulette ou un pain votif ne se résume pas à sa forme : son usage, les gestes qui l’entourent et les espoirs qu’on y attache comptent tout autant. C’est précisément ce déplacement du regard que la proposition du Mucem rend intéressant.
Du symbole religieux aux créations contemporaines
Le parcours annoncé fait dialoguer des objets rituels, des représentations artistiques et des œuvres actuelles. Ce rapprochement permet de suivre la transformation d’un même désir : donner une forme visible à une idée, puis parfois la faire entrer dans le corps. La question n’est donc pas seulement « que montre cette image ? », mais aussi « que produit-elle chez celles et ceux qui la manipulent ou la consomment ? »
Dans cette perspective, l’exposition peut intéresser autant les amateurs d’histoire de l’art que les visiteurs curieux des pratiques populaires. Elle invite à comparer les gestes sans les confondre : une image dévorée pour obtenir une faveur n’a pas le même statut qu’une œuvre contemplée dans une galerie. Mais toutes deux témoignent de la puissance accordée à la représentation.
435 œuvres et objets pour interroger notre appétit
Les informations disponibles annoncent 435 œuvres et objets, parmi lesquels des peintures, des photographies, des films, des amulettes et des mets figurés. Ce nombre donne une idée de l’ampleur du parcours : le sujet ne repose pas sur une seule tradition ni sur une définition étroite de l’image. Il rassemble au contraire des formes et des usages très différents, afin de montrer comment l’appétit pour les représentations traverse les époques.
Je pense souvent à la manière dont un repas de fête transforme les aliments en signes : une recette familiale raconte une histoire, tandis qu’un gâteau décoré peut marquer un événement ou afficher une appartenance. Cette observation n’équivaut pas à un rituel d’ingestion d’image, bien sûr, mais elle aide à saisir pourquoi la nourriture dépasse parfois sa fonction immédiate. Pour prolonger cette réflexion sur les pratiques culinaires et leur transmission, on peut aussi découvrir un éclairage sur la place des livres et des guides de cuisine.
Un calendrier qui inscrit le parcours dans la saison culturelle
Les dates annoncées, du 28 octobre 2026 au 12 avril 2027, couvrent plusieurs mois et traversent l’automne, l’hiver puis le début du printemps. Cette durée laisse le temps de découvrir le parcours sans réduire la visite à un rendez-vous ponctuel. Elle permet aussi d’envisager l’exposition comme un sujet de discussion, plutôt que comme une simple succession d’objets à regarder.
Pour aborder la visite, je conseille de garder en tête quelques questions simples. Elles aident à relier les œuvres à leurs usages sans transformer la découverte en cours magistral :
- Qui produit ou commande l’image ? La réponse peut éclairer son rôle religieux, social ou politique.
- Est-elle regardée, portée, partagée ou consommée ? Le geste change profondément sa signification.
- Que cherche-t-on à obtenir en l’incorporant ? Protection, soin, mémoire ou célébration peuvent se mêler.
- Comment ces pratiques résonnent-elles aujourd’hui ? Nos images numériques nourrissent elles aussi une forme quotidienne de consommation visuelle.
J’ai déjà vu une discussion de visite s’animer autour d’un objet que certains prenaient pour une simple décoration, avant que son usage ne soit expliqué. Ce genre de bascule est précieux : il rappelle qu’une image n’est jamais tout à fait neutre. Le parcours du Mucem semble justement conçu pour provoquer ce moment où l’on cesse de seulement voir, afin de commencer à interpréter.
Une réflexion sur la consommation des images aujourd’hui
Le thème prend un relief particulier à l’heure des écrans. Nous faisons défiler des photos, des vidéos et des illustrations avec une rapidité qui rend parfois leur interprétation secondaire. « Manger les images » propose un contraste utile : dans certaines pratiques, la représentation engage le corps et la communauté, tandis que notre consommation numérique est souvent individuelle et répétée. Dans les deux cas, cependant, les images façonnent des émotions, des souvenirs et des comportements.
Ce rapprochement ne signifie pas que regarder une image sur un téléphone revient à l’ingérer au sens rituel. Il permet plutôt d’interroger notre appétit : que cherchons-nous dans ces représentations, et que gardons-nous d’elles ? Le Mucem replace cette interrogation dans une histoire longue, où l’art et l’alimentation se rencontrent à travers des objets concrets. Pour une autre approche de la mise en scène du repas, un exemple de menu de dîner de gala montre aussi combien la nourriture peut porter une représentation sociale.
Avec « Manger les images », le Mucem relie l’alimentation, l’art et la représentation pour mieux comprendre notre rapport aux images. Les 435 œuvres et objets annoncés invitent à regarder autrement cet appétit ancien, toujours présent dans notre culture visuelle contemporaine.
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