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Grippe : le pic n’est toujours pas atteint malgré une épidémie sur la courbe ascendante

Si nous nous fions à l’InVs (Institut national de Veille Sanitaire), réputé pour le sérieux de ses statistiques, qui a publié ce mercredi 23 mars, un bulletin épidémiologique pour la semaine 11 de cette année 2016 (du 14 au 20 mars), nous ne pouvons que constater une activité virale qui ne faiblit pas et est même en phase ascendante dans la majorité des régions. Quant au pic épidémique, en dépit d’annonces claironnées mais balayées les unes après les autres, il n’est de plus toujours pas atteint, alors qu’il marquerait un coup de frein sanitaire, stoppant ou ralentissant, une fois déclaré, une hausse presque sans discontinuité de la grippe saisonnière -avec une légère régression en février- et ce depuis 8 semaines. Suivant des sources divergentes, de 1,74 à 2,5 millions de Français auraient été contaminés.

La grippe signe un retour en force presque généralisé après une brève accalmie : sommes-nous encore loin du pic épidémique ?

Dans son bulletin hebdomadaire épidémiologique dédié à la grippe, l’InVS, qui n’oublie pas que la grippe sévit aussi hors des frontières hexagonales, surtout dans les Antilles françaises, se focalise surtout sur la France métropolitaine, dont tous les voyants sont dans le rouge  : durant la semaine du 14 au 20 mars 2016, le taux d’incidence des cas de syndromes grippaux vus en consultation de médecine générale a été estimé à 490 cas pour 100 000 habitants, soit 320 000 nouveaux cas diagnostiqués, ce qui souligne une situation empirant encore et encore, puisque 277 000 cas avaient été recensés la semaine précédente. La grippe représente à elle seule 20% des consultations de SOS Médecins et elle dépasse très largement son seuil épidémique (122 cas pour 100 000 habitants). « Après une période de stabilisation, l’incidence des syndromes grippaux est toujours en augmentation. Et le pic n’est toujours pas atteint », souligne non sans amertume l’InVS. En effet, il y a bien eu une courte trêve, durant les vacances du mois de février, mais la grippe signe, depuis la reprise des cours, un come-back fulgurant et on estime que 1 738 000 personnes ont été victimes de l’épidémie, depuis ses débuts, se corsant dans la durée, 21 régions sur 22 étant toujours touchées, avec stagnation parfois, le plus souvent cependant avec recrudescence, à l’exception de la Corse, qui est la première libérée de tous maux inhérents à l’épidémie boutée hors de cette île.

La grippe et ses méfaits : des taux d’incidence très élevés, les enfants particulièrement touchés, et des décès imputables à l’épidémie

Les régions les plus touchées, la semaine dernière, étaient la Champagne-Ardenne (857 cas pour 100 000 habitants), la Haute-Normandie (820) et la Picardie (800), selon le réseau Sentinelles-Inserm, au maillage de praticiens, collant au plus juste, à une réalité épidémique, en perpétuelle évolution. De son côté, l’Irsan (Institut de recherche pour la valorisation des données de santé), qui se nourrit des données remontant en temps réel de SOS Médecins, évalue, quant à lui, le nombre total de personnes affectées par la grippe à 2,5 millions à la date arrêtée du 21 mars. Depuis les prémices de l’épidémie, en milieu hospitalier, le réseau Oscour rapporte pas moins de 5 244 passages aux urgences pour grippe dont 367 hospitalisations. Les enfants de moins de 15 ans représentent la majorité des passages (54 %) et des hospitalisations (39 %) pour syndrome grippal, ce qui est loin d’être négligeable, mais l’InVS rappelle que l’épidémie est liée majoritairement au virus de type B et sans signe apparent de gravité : le virus de type A, bien que moins présent, a sévi de tout de même, avec des cas de détresse respiratoire aigüe et aussi en occasionnant des morts, même avec une prise en charge hospitalière ad hoc. On estime à un total de 82 personnes le nombre de décès imputables à la grippe, dont 54 atteintes par un virus A et 28 par un virus B.

Etat grippal, Pixabay

A propos Eric Françonnet

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