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Maroc : un jugement attendu et un verdict redouté pour deux adolescentes homosexuelles

Deux adolescentes marocaines, habitant à Marrakech, inculpées fin octobre, pour un baiser pourtant discret, mais hélas prises en flagrant délit de lesbianisme (homosexualité féminine), sont jugées, ce jour, vendredi 4 novembre, et risquent jusqu’à trois ans de prison ferme.

Maroc

Stigmatisation et délation sont les deux maîtres et traîtres mots qui ont conduit les deux jeunes filles marocaines et homosexuelles à être inculpées

Jeudi 27 octobre 2016, deux jeunes filles, portant les doux prénoms arabes de Sanaa et Hajar, se sont réfugiées, prudence avisée avec la morale intransigeante régnant sur l’homosexualité au Maroc, sur le toit d’un immeuble à Marrakech, pour s’embrasser, geste amoureux simple d’une tendresse infinie, mais hélas tabou. Elles ont été prises en photo par un passant, qui a transmis les clichés, évocateurs d’une transgression saphique, à leurs parents, dont l’honneur a été bafoué.

Les parents des deux jeunes filles ont contacté la police rapidement, après avoir pris connaissance -outrageante à leurs yeux- des clichés. Les autorités sont venues les arrêter immédiatement et les ont, dans la foulée, placées en garde à vue. Moins de 48 heures après Sanaa et Hajar, à l’âge de l’adolescence, qui rime pourtant avec innocence, de 16 ans pour la première, et 17 ans pour la seconde, étaient, sans une excuse pour une première fois, inculpées pour homosexualité, délit au Maroc, qui est encore tiraillé entre la tradition et le modernisme.

Un jugement, au verdict très attendu, ce vendredi 4 novembre, avec un soutien fort du tissu associatif, qui n’est hélas pas une grande première au Maroc

Sanaa et Hajar sont emprisonnées depuis le 27 octobre et attendent leur jugement ce vendredi 4 novembre. Au Maroc l’homosexualité est un crime passible de trois ans d’emprisonnement. L’Association marocaine des droits humains s’est indignée de la situation des deux jeunes filles. D’après LCI, l’association, équivalente au Maroc de la Ligue des Droits de l’Homme, ou LDH, en France, a décidé de faire appel aux services d’un un avocat, pour assurer leur défense, avec comme espérance, des peines de prison raccourcies ou bien nulles.

Ce n’est pas la première fois que deux homosexuels sont inculpés de cette manière au Maroc. Comme le rappelle l’hebdomadaire incisif, Marianne, deux jeunes hommes avaient subi des violences d’ordre physique, administrées par des homophobes. Une vidéo des sévices avait alors circulé sur Internet et les deux homosexuels avaient été arrêtés. Le tribunal les avait alors condamnés à une peine de quatre mois de prison ferme avant de se rétracter. En effet, la vidéo virale sur les réseaux sociaux, avait soulevé une polémique au sein même du Royaume. La justice opta pour trois mois de prison avec sursis.

Maroc, Pixabay

A propos Eric Françonnet

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